En 2023, en France hors Mayotte, 3,4 % de la population ne bénéficie pas d’une complémentaire santé. Cette proportion, qui a nettement reculé au cours des vingt-cinq dernières années, apparaît désormais relativement stable, avec même une légère tendance à la diminution depuis 2010. Elle demeure toutefois plus élevée parmi les ménages les plus modestes : 7 % des individus vivant sous le seuil de pauvreté restent dépourvus de couverture complémentaire.
Au tournant des années 2000, l’extension de la couverture complémentaire a reposé sur la création de dispositifs ciblés en direction des populations les plus fragiles, notamment la CMU-C et l’ACS, aujourd’hui regroupées au sein de la complémentaire santé solidaire. Ces instruments ont permis une progression significative de l’accès à la couverture.
Cette dynamique a été amplifiée en 2016 par la généralisation des contrats collectifs en entreprise, en particulier dans le secteur privé, contribuant à réduire les disparités entre salariés. L’intégration progressive des agents publics dans ce cadre, amorcée au 1er janvier 2025, devrait prolonger cette évolution, même si son effet devrait rester mesuré dans la mesure où une large majorité des agents disposaient déjà d’une couverture.
L’absence de complémentaire santé résulte avant tout d’une contrainte financière. Environ un tiers des personnes concernées indiquent ne pas disposer des ressources suffisantes pour en supporter le coût.
D’autres facteurs, moins fréquents, sont également évoqués :
Ces éléments traduisent à la fois des difficultés économiques et, dans une moindre mesure, des obstacles liés à l’information ou aux démarches administratives.
Les écarts de couverture restent étroitement liés au niveau de vie. Ainsi, malgré l’existence de dispositifs comme la complémentaire santé solidaire, 7 % des personnes sous le seuil de pauvreté ne disposent toujours pas de couverture.
Certaines catégories sont particulièrement exposées :
Par ailleurs, parmi les personnes vivant seules, les hommes sont plus fréquemment non couverts que les femmes (6 % contre 2 %), alors même que leur niveau de vie est en moyenne plus élevé.
Les personnes atteintes d’une affection de longue durée ne se distinguent pas du reste de la population : leur taux de non-couverture est comparable, bien que leurs dépenses de santé soient davantage prises en charge par l’assurance maladie obligatoire.
La nature de la couverture varie fortement selon la situation professionnelle. En 2023 :
Cette répartition met en lumière une organisation du système de complémentaire santé étroitement liée aux parcours professionnels et aux inégalités qui les structurent.

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