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Quand le temps joue en faveur de l’épargne retraite

6 février 2026

La préparation de la retraite s’impose progressivement comme une préoccupation centrale des actifs. Selon une enquête récente menée en 2025 par CECOP–IFOP, plus de sept personnes en âge de travailler sur dix redoutent une dégradation de leur niveau de vie une fois l’activité professionnelle terminée. Si un actif sur deux déclare déjà épargner en vue de la retraite, une majorité estime surtout que cette démarche devrait être engagée tôt : près des deux tiers jugent souhaitable d’ouvrir un Plan d’Épargne Retraite (PER) avant 35 ans, une proportion qui dépasse même 70 % chez les moins de 25 ans.

Cette perception traduit une évolution profonde des comportements. Longtemps, la retraite a été considérée comme une affaire lointaine, relevant presque exclusivement des régimes obligatoires. Elle devient aujourd’hui un horizon financier à construire, dans un contexte marqué par l’allongement de la durée de vie, la succession des réformes et une visibilité réduite sur les niveaux futurs de pension.

Faut-il épargner dès les premières années de carrière ?

La question se pose avec acuité au début de la vie professionnelle. Les revenus sont souvent modestes, tandis que les dépenses contraintes – logement, transports, installation dans la vie adulte – pèsent lourdement sur les budgets. Dans ce contexte, l’idée de consacrer une part de ses ressources à un produit d’épargne retraite peut sembler prématurée, voire irréaliste. Pourtant, l’épargne retraite présente une caractéristique déterminante : le temps joue en sa faveur. Plus l’horizon d’investissement est long, plus la mécanique de la capitalisation déploie ses effets. Les gains générés par l’épargne ne s’additionnent pas simplement aux versements : ils viennent alimenter le capital, qui produit à son tour de nouveaux revenus. Ce processus cumulatif, discret année après année, devient décisif sur plusieurs décennies.

La démonstration par les chiffres

Prenons un cas volontairement simple. Un épargnant ouvre un PER à 30 ans et y verse 1 500 euros par an jusqu’à son départ à la retraite, fixé à 64 ans. En retenant une hypothèse de rendement annuel moyen de 4 %, prudente au regard d’un horizon long et d’une allocation diversifiée, l’effort d’épargne total s’élève à 51 000 euros sur l’ensemble de la période. À l’âge de liquidation, le capital atteint environ 102 000 euros. Autrement dit, près de la moitié du montant final ne provient pas des versements, mais du rendement cumulé dans le temps.

Le même exercice, réalisé dix ans plus tard, aboutit à un résultat sensiblement différent. En ouvrant le PER à 40 ans, l’épargnant ne verse plus que 36 000 euros jusqu’à 64 ans. Pourtant, le capital constitué plafonne autour de 60 000 euros. L’économie de 15 000 euros de versements se traduit par une perte de plus de 40 000 euros à l’arrivée.

Le constat est encore plus net lorsque l’épargne est engagée tardivement. Une ouverture à 50 ans, avec des versements identiques, conduit à un effort total de 21 000 euros et à un capital final proche de 28 000 euros. Le raccourcissement de la durée d’épargne limite fortement la capacité du capital à se constituer.

Année de début des versements (1500 euros par an)Durée d’épargneVersements cumulésCapital estimé à 64 ans*
30 ans34 ans51 000 €≈ 102 000 €
40 ans24 ans36 000 €≈ 60 000 €
50 ans14 ans21 000 €≈ 28 000 €
Cercle de l’Épargne

*Les hypothèses de rendement mentionnées sont fournies à titre illustratif. Elles ne constituent ni une promesse ni un engagement. Les performances passées ou estimées ne préjugent pas des performances futures.

Un levier fiscal à ne pas négliger

Ces montants ne tiennent pas compte de la déductibilité fiscale des cotisations, qui constitue pourtant l’un des attraits majeurs du PER. Selon le niveau de revenu et la tranche marginale d’imposition, la déduction peut réduire sensiblement l’effort réel consenti par l’épargnant. À long terme, cet avantage fiscal renforce l’intérêt d’une entrée précoce dans le dispositif.

Une logique de cycle de vie

Ouvrir un PER tôt ne signifie pas y consacrer des sommes élevées dès les premières années. La souplesse du dispositif permet d’adapter les versements aux différentes étapes de la vie : modestes au début de carrière, ils peuvent augmenter avec la progression des revenus, puis être ajustés en fonction des aléas professionnels ou familiaux. L’essentiel réside dans l’antériorité : enclencher le mécanisme de la capitalisation le plus tôt possible.

Dans un environnement où la retraite par répartition reste centrale mais ne garantit plus à elle seule le maintien du niveau de vie, le PER s’inscrit comme un outil de complément, fondé sur une règle simple : en matière d’épargne retraite, le temps est souvent plus décisif que l’effort initial.

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