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L’obésité en hausse en Europe

Actualités • 12 octobre 2026

Le surpoids et l’obésité prennent une place de plus en plus importante parmi les enjeux sanitaires européens. En 2025, 16,3 % des habitants de l’Union européenne âgés de 18 ans ou plus étaient en situation d’obésité, définie par un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30. À ceux-ci s’ajoutaient 35,4 % d’adultes qualifiés de pré-obèses, avec un IMC compris entre 25 et 30. Ainsi, plus d’un Européen sur deux présente désormais un excès de poids. Le sujet dépasse largement le cadre des comportements alimentaires et constitue un véritable défi de santé publique.

Les écarts entre les femmes et les hommes sont significatifs. En 2025, la proportion d’hommes obèses atteignait 17,4 %, contre 15,3 % chez les femmes. La différence est encore plus nette concernant la pré-obésité : 41,9 % des hommes étaient concernés, contre 29,3 % des femmes. Le constat s’inverse pour l’insuffisance pondérale. Les femmes sont près de trois fois plus nombreuses à être en sous-poids, avec une proportion de 2,9 %, contre 1 % pour les hommes.

Les situations nationales sont par ailleurs très contrastées. Malte arrive en tête des pays de l’Union européenne pour la fréquence de l’obésité, avec 26,6 % de sa population adulte concernée. La Lettonie suit avec 24,6 %, puis la Finlande avec 23,2 %. L’Italie se situe à l’autre bout de l’échelle avec seulement 7 % d’adultes obèses. La Grèce et la Roumanie affichent également des taux relativement faibles, respectivement de 12,8 et 12,9 %. Le cas italien est particulièrement notable au regard des niveaux observés dans plusieurs pays du nord et de l’est du continent. La persistance d’habitudes alimentaires liées au régime méditerranéen peut être avancée comme une piste d’explication, sans qu’il soit possible d’établir un lien direct à partir des seules données d’Eurostat.

À l’échelle européenne, les problèmes liés à l’excès de poids sont aujourd’hui bien plus fréquents que ceux résultant d’une alimentation insuffisante. Eurostat intègre d’ailleurs cet indicateur dans le suivi des objectifs de développement durable des Nations unies, tant pour les questions de nutrition que pour celles concernant la santé et le bien-être.

Les conséquences ne sont pas uniquement sanitaires. L’obésité favorise le développement de nombreuses maladies chroniques et peut entraîner une augmentation des dépenses de santé. Elle est également susceptible d’avoir des effets sur l’absentéisme, la productivité ou le maintien en emploi. Dans une Europe confrontée au vieillissement de sa population, la prévention en matière de nutrition et d’activité physique devient donc un enjeu économique autant que social.

L’Europe se trouve ainsi confrontée à un changement profond de problématique alimentaire. Durant des siècles, l’objectif premier était de garantir un accès suffisant à la nourriture. Dans les économies développées, la difficulté tient désormais moins à la quantité disponible qu’à la qualité des régimes alimentaires et aux modes de vie. L’abondance alimentaire, associée à une moindre activité physique, a fait émerger de nouveaux risques. Après avoir longtemps cherché à manger davantage, les Européens doivent aujourd’hui apprendre à manger mieux.

Données Eurostat

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