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Le coin de la campagne : point sur le dossier des retraites

Retraite • 12 octobre 2026

La réforme des retraites est suspendue jusqu’à l’automne 2027. Tous les candidats sont appelés à se prononcer sur son devenir et sur leurs intentions en matière de retraite. Les propositions vont du retour à 60 ans à un âge légal de 65 ans. Entre ces deux bornes, les candidats divergent sur la durée de cotisation, les exceptions accordées aux carrières pénibles et le rôle de l’épargne retraite.  D’après le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), les dépenses de retraite atteignent 422 milliards d’euros en 2025, soit 14,1 % du PIB. Le système présentait un déficit estimé à 5,1 milliards d’euros. Ce dernier atteindrait 6,8 milliards en 2030 à réglementation inchangée.

Édouard Philippe en faveur de la retraite à 65 ans et une durée de cotisation portée à 45 ans. Il a précisé sa position ce 29 septembre dernier. Il propose de reprendre la montée en charge de la réforme de 2023, puis de porter l’âge légal à 65 ans et la durée requise à 45 années de cotisation en moins de dix ans. Il annonce qu’environ un tiers des Français pourraient partir entre 60 et 64 ans, notamment en raison d’une entrée précoce dans l’emploi ou de la pénibilité. Son projet prévoit également une épargne retraite obligatoire. Le pilier de capitalisation devra à terme fournir 10 à 15 % des pensions d’ici quinze ans.

Gabriel Attal veut changer l’architecture du système. Il propose un compte individuel où les droits acquis seraient visibles tout au long de la carrière. Son projet met en avant le libre choix de la date de départ, une surcote pour ceux qui travaillent plus longtemps et un pilotage confié aux partenaires sociaux dans le respect d’une règle d’équilibre. Il prévoit aussi un fonds national de capitalisation, doté par l’État de 1 000 euros à chaque naissance, ainsi qu’un crédit d’impôt destiné aux foyers modestes

Bruno Retailleau défend un travail prolongé, sans pour le moment d’âge cible annoncé. Il estime que les Français devront partir « un peu plus tard » à la retraite, en tenant compte de la pénibilité. Il associe cette orientation à une entrée plus précoce des jeunes sur le marché du travail.

Marine Le Pen privilégie l’âge d’entrée dans la vie active. Le dispositif présenté par le Rassemblement national prévoit un départ possible dès 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Pour les autres, l’âge de départ progresserait sans dépasser 62 ans, avec une durée de cotisation comprise entre 40 et 42 annuités selon l’âge d’entrée dans l’emploi.

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise défendent le retour à 60 ans avec 40 annuités pour une carrière complète. Leur projet associe cette mesure à une amélioration des pensions et de la prise en compte des parcours. Un livret de LFI évaluait à 27 milliards d’euros, en 2027, le coût de sa proposition de retour à 60 ans.

Raphaël Glucksmann propose d’abroger la réforme de 2023, mais ne défent pas un âge identique pour tous. Son projet prévoit que certains puissent partir à 60 ans tandis que d’autres travailleraient davantage, selon les conditions de carrière et les écarts d’espérance de vie. Il souhaite confier aux partenaires sociaux un rôle majoritaire dans le pilotage et augmenter le nombre de cotisants, notamment par l’emploi des seniors. Les seuils et les règles de financement restent à définir.

Marine Tondelier défend l’abrogation de la réforme de 2023.

Fabien Roussel défend le départ à 60 ans et une hausse des pensions, financée notamment par des cotisations sur les revenus financiers et les dividendes.

Candidat ou courantOrientation connue sur les retraitesQuestion encore ouverte
Édouard PhilippePorter progressivement l’âge légal à 65 ans et la durée de cotisation à 45 ans en moins de dix ans ; prévoir des départs entre 60 et 64 ans pour certaines carrières ; créer un pilier de capitalisation.Modalités précises des exceptions et financement de la transition vers la capitalisation.
Gabriel AttalRefonder les droits autour d’un compte individuel, laisser davantage de choix sur la date de départ, développer la capitalisation et imposer une règle d’équilibre.Âge effectif auquel chacun pourrait partir avec une pension suffisante.
Bruno RetailleauFaire travailler « un peu plus tard », avec une prise en compte de la pénibilité.Âge cible et calendrier non précisés dans la proposition consultée.
Marine Le PenRevenir sur le report à 64 ans ; dans le dispositif détaillé par le RN, départ de 60 à 62 ans selon l’âge d’entrée dans la vie active, avec 40 à 42 annuités.Confirmation des paramètres définitifs du programme de 2027 et financement.
Jean-Luc Mélenchon et LFIAbroger la réforme de 2023 et rétablir le départ à 60 ans avec 40 annuités pour une carrière complète.Montée en charge et rendement des recettes nouvelles envisagées.
Raphaël Glucksmann et Place publiqueAbroger la réforme de 2023, puis négocier une refonte : certains partiraient à 60 ans, d’autres travailleraient davantage.Paramètres individuels et équilibre financier de la réforme négociée.

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