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La divine surprise de la croissance au deuxième trimestre ?

Economie 29 juillet 2022

Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de +0,5 % en volume faisant suite à un repli de 0,2 % au premier trimestre. Le commerce extérieur, une fois n’est pas coutume, a porté la croissance à la différence de la consommation. L’investissement est également resté dynamique. Épargne : la sécurité et l’épargne de précaution. Le taux de croissance de la France est supérieure aux attentes mais est inférieur à la moyenne de la zone euro.

INSEE

La consommation des ménages s’est contractée au deuxième trimstre de 0,2 % après un recul de 1,3 % au premier. Compte tenu de l’inflation et de ses conséquences sur le pouvoir d’achat, la diminution de la consommation est mesurée et cela d’autant plus que les ménages rechignent à puiser dans leur épargne « covid ».

Si les achats de biens reculent pour le deuxième trimestre consécutif (–1,3 % après –2,1 %), la consommation en services augmente de +1,5 % après +0,0 %). Ce sont les services d’hébergement-restauration qui connaissent un essor important (+8,9 % après –2,5 %) tout comme  les services de transport (+4,8 % après +4,0 %). Les Français consomment moins de biens industriels mais partent en week-end ou en vacances. Par ailleurs, le retour des touristes internationaux permet une reprise du secteur du tourisme. Il augmente de +0,6 % dans le secteur des services après +1,0 %, notamment en information-communication (+1,8 % après +2,7 %) et en services aux entreprises (+1,7 % après –0,4 %). À l’inverse, l’investissement en produits manufacturés est stable ce trimestre (+0,0 % après –1,2 %), tandis que la celui en construction diminue (–0,5 % après +1,0 %).

La contribution du commerce extérieur est nettement positive ce trimestre (+0,4 point, après +0,1 point au trimestre précédent). Les exportations progressent de nouveau (+0,8 % après +1,6 %), tirées notamment par les services de transport (+6,3 % après +5,0 %) et les dépenses des voyageurs étrangers en France (+8,6 % après + 5,0 %). En revanche, en lien avec les difficultés que rencontrent le secteur industriel depuis de nombreux mois, les exportations de biens se replient (–0,6 % après +1,4 %), notamment dans les matériels de transport (–3,8 % après +11,5 %) et l’agro-alimentaire (–1,7 % après + 0,1 %).

Les importations ont diminué au deuxième trimestre de –0,6 % après +1,2 % au trimestre précédent. Les importations de biens diminuent (–0,4 % après +1,2 %), notamment celles de pétrole raffiné (–9,9 % après –22,2 %) et celles d’autres biens manufacturés (–1,5 % après +2,8 %), et malgré le rebond des importations de matériels de transport (+3,7 % après –5,1 %). Les importations de services (hors tourisme) se replient également, de manière plus modérée (–0,2 % après +1,6 %). Enfin, les dépenses des touristes français à l’étranger se contractent nettement (–2,0 % après –2,2 %). La baisse des importations signifie que la hausse de la demande globale (extérieure et intérieure) ce trimestre a été satisfaite par une augmentation de de la production, ce qui est encourageant.

La contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB est faiblement positive au deuxième trimestre 2022 (+0,1 point).

La production totale (biens et services) a progressé de +0,7 % au deuxième trimestre, après +0,2 % au trimestre précédent), notamment dans les services marchands (+1,4 % après +0,3 %). La production en services d’hébergement-restauration est particulièrement dynamique avec une hausse de +6,7 % après –2,1 % au trimestre précédent. La production en services de transport a atteint +3,8 % après +1,3 %. Les services aux entreprises (+1,2 % après +0,6 %) et les services aux ménages (+1,5 % après +0,4 %) sont également progression. En revanche, la production dans la construction baisse ce trimestre (–0,5 % après +0,6 %).

La production de biens progresse plus modérément que la production de services ce trimestre (+0,2 %, comme au trimestre précédent). En particulier, la production des branches manufacturières ralentit après le rebond enregistré au premier trimestre (+0,6 % après +1,3 %).. La production de matériels de transport rebondit (+4,9 % après –2,3 %) mais reste très dégradée par rapport à son niveau d’avant la crise sanitaire.

La France a réussi à échapper à la récession à la différence des Etats-Unis. Le soutien apporté par les pouvoirs publics au pouvoir d’achat des ménages n’y est pas pour rien. L’Etat via l’endettement prend en charge une grande partie des effets générés par l’inflation. Le troisième trimestre 2022 devrait s’inscrire dans la même ligne que le deuxième porté par les activités de tourisme et le retour des étrangers en France. La France devient de plus en plus un pays à dominante touristique, l’industrie peinant à regagner les parts de marché perdus depuis 2019. La fin de l’année dépendra de l’évolution des cours du pétrole et du gaz à la rentrée.

Rebond de croissance en zone euro

Au cours du deuxième trimestre, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,7 % dans la zone euro et de 0,6 % dans l’UE, par rapport au trimestre précédent, selon l’estimation rapide préliminaire publiée par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Au cours du premier trimestre 2022, le PIB avait augmenté de 0,5% dans la zone euro et 0,6% dans l’Union. Parmi les États membres pour lesquels les données pour le premier trimestre 2022 sont disponibles, la Suède (+1,4%) a enregistré la hausse la plus importante par rapport au trimestre précédent, suivi de l’Espagne (+1,1%) et de l’Italie (+1,0%). Des baisses ont été enregistrées en Lettonie (-1,4%), en Lituanie (-0,4%) et au Portugal ( 0,2%). Les taux de croissance par rapport à l’année précédente ont été positifs pour tous les pays. La France se classe en-dessous de la moyenne de la zone euro mais au-dessus de l’Allemagne qui est toujours affectée par la faiblesse des exportations de biens industriels.

EUROSTAT

Etats-Unis, deuxième baisse consécutive du PIB

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a diminué de 0,9 % en rythme annualisé, après avoir reculé de 1,6 % au premier trimestre selon les chiffres publiés jeudi 28 juillet par le département du commerce. Si sur un point de vue théorique, deux trimestres de recul du PIB signifie la survenue d’une récession, la Maison Blanche en rejette vigoureusement l’idée. La proximité des élections de mi-mandat, le 8 novembre, peut justifier cette communication. Pour expliquer sa position, le Président, Joe Biden, met en avant la bonne tenu de l’emploi et des investissements. La croissance de l’emploi aux Etats-Unis a été en moyenne de 456 700 postes par mois au cours du premier semestre de l’année, ce qui a entraîné une forte hausse des salaires. La consommation des ménages s’est, elle, maintenue grâce aux dépenses dans les services.

Le département du commerce précise que le recul du PIB reflète des baisses d’investissement des entreprises et d’achats de logement de la part des ménages. Le gouvernement fédéral, les Etats et les administrations locales ont également freiné leurs dépenses. L’administration américaine et la FED suivent avant tout l’inflation et l’emploi et non la croissance pour opérer leurs choix de politiques monétaires et économiques. Pour le moment, la récession serait avant tout technique et ponctuel ne nécessitant pas une intervention de la part des pouvoirs publics. La hausse des taux devrait néanmoins se traduire par un ralentissement des prêts aux ménages et freiner leurs dépenses d’investissement et de consommation dans les prochains mois.

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