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La croissance française a été victime de la canicule et de la guerre au Moyen Orient. L’INSEE a révisé à la baisse le taux de croissance du deuxième trimestre. Le taux a été ramené de 0,2 à 0 %. Cette stagnation fait suite au recul de 0,2 % du premier trimestre. Les Français ont été confrontés à un recul de leur pouvoir d’achat qui par unité de consommation de 0,6 % après -0,2 % au premier trimestre. Les ménages ont moins épargné que Le taux d’épargne des ménages se replie fortement ce trimestre en passant de 17,9 % au premier trimestre à17,2 % de leur revenu disponible brut.

Données INSEE
Le PIB stable au deuxième trimestre
Au deuxième trimestre, le PIB en volume est resté stable après un recul de 0,2 point au premier trimestre). La consommation des ménages a néanmoins augmenté de 0,3 % après -0,3 %. L’investissement (formation brute de capital fixe – FBCF) continue de baisser, -0,3 % après -0,8 %. La FBCF en services marchands recule de 0,6 % après +0,3 %) et celle en construction de -0,2 % après -2,1 %. Les dépenses de consommation des administrations publiques augmentent un peu plus vite qu’au trimestre précédent (+0,4 % après +0,3 %). La demande intérieure finale hors stocks contribue légèrement à la croissance du PIB ce trimestre (+0,2 point après -0,3 point).
Les exportations ont connu au deuxième trimestre un rebond de +2,9 % après -3,0 %, grâce à l’aéronautique. Les importations ont enregistré une croissance plus modeste au deuxième trimestre (+1,1 % après -0,6 %). La contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB est positive au deuxième trimestre 2026 (+0,6 point après -0,9 point).
La contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB est négative ce trimestre (-0,7 point après +0,9 point au trimestre précédent).
Recul du pouvoir d’achat des ménages et du taux d’épargne
Au deuxième trimestre, le revenu disponible brut (RDB) des ménages en euros courants a progressé de +0,5 % après +0,5 % au premier trimestre. Les prestations sociales ralentissent légèrement ce trimestre (+0,4 % après +0,6 %). La masse salariale reçue par les ménages augmente à un rythme proche de celui du trimestre précédent (+0,3 % après +0,4 %). Les impôts et cotisations accélèrent (+0,9 % après +0,5 %).
Dans le même temps, le prix de la consommation des ménages accélère (+1,0 % après +0,6 %, en CVS-CJO). Dans ce contexte, le pouvoir d’achat du RDB des ménages se contracte de 0,5 % après -0,1 %. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, il diminue ce trimestre de 0,6 % après -0,2 % au premier trimestre.
Le taux d’épargne des ménages est en retrait, sous l’effet combiné de l’accélération de leur consommation et du recul de leur pouvoir d’achat : il s’établit ainsi à 17,2 %, après 17,9 % au premier trimestre 2026. Les Français, face à la hausse des prix et à la faible augmentation de leurs rémunérations, diminuent leur effort d’épargne. Cela marque une réelle inflexion par rapport aux trimestres précédents. Les ménages ont puisé dans leurs livrets réglementés au cours du deuxième trimestre. La décollecte sur le Livret A d’avril à juin a atteint 2,83 milliards d’euros.

Données INSEE
Moins d’heures de travail
Au deuxième trimestre 2026, le nombre total d’heures travaillées recule légèrement (-0,1 % après -0,1 %). L’emploi total est stable, après une quasi-stabilité le trimestre précédent. Comme au trimestre précédent, la légère baisse de l’emploi salarié est contrebalancée par une nouvelle hausse de l’emploi non salarié.
Stabilité du taux de marge des sociétés non financières
Le taux de marge des sociétés non financières (SNF) s’est élevé à 31,5 %, comme au trimestre précédent. Il est de nouveau fortement pénalisé par les termes de l’échange, avec l’augmentation des prix de l’énergie sur le marché mondial, mais cet effet est contrebalancé par la baisse des salaires réels.
Le besoin de financement des administrations publiques stable à 5,1 du PIB
Au deuxième trimestre 2026, le besoin de financement des administrations publiques (APU) s’est élevé à 5,1 % du PIB, comme au premier trimestre 2026. Les recettes publiques augmentent de 2,1 milliards d’euros sous l’effet notamment d’une augmentation des cotisations sociales ainsi que de la TVA. Les dépenses publiques sont également en hausse ce trimestre (+2,5 milliards d’euros) soutenues par une nouvelle hausse des intérêts versés ainsi que des prestations sociales.
Une croissance fragile pour 2026
Pour 2026, le gouvernement a retenu comme prévision de croissance, 0,7 %. Cet objectif apparaît difficile à atteindre, sachant que l’acquis de croissance pour l’année 2026 est de +0,3 % compte tenu des résultats du premier semestre. Les effets des canicules à répétition pèseront sur la croissance du troisième trimestre. Par ailleurs, les espoirs de baisse du cours du pétrole et du gaz ne se sont pas concrétisés après la signature du protocole de paix entre l’Iran et les Etats-Unis au mois de juin de dernier compte tenu du maintien des tensions et du blocage du détroit d’Ormuz. La hausse des taux d’intérêt en lien avec l’inflation, les besoins de financement des Etats et de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait pénaliser l’investissement dans les prochains mois. La BCE devrait relever ses taux directeurs à l’occasion de sa prochaine réunion à la fin du mois de septembre. La croissance pourrait donc rester atone au troisième et quatrième trimestres. Les exportations devraient rester le principal moteur de la croissance notamment grâce aux ventes d’avions.
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