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En moyenne, l’âge médian, l’âge qui partage la population en deux parts égale, de l’Union européenne est passé d’un peu plus de 42 ans en 2015 à près de 45 ans en 2025. Ce glissement, en apparence modeste, traduit en réalité une transformation structurelle profonde, la contraction des générations jeunes, l’arrivée à des âges avancés des cohortes nombreuses du baby-boom et l’allongement continu de l’espérance de vie.
En 2015 comme en 2025, l’Irlande demeure le pays le plus jeune de l’Union, avec un âge médian inférieur à 40 ans en 2015 et à peine au-dessus en 2025. Le Luxembourg et Malte figurent également parmi les États les plus jeunes. Leur position s’explique par une fécondité relativement plus élevée que la moyenne européenne et, surtout, par des flux migratoires dynamiques, attirés par des marchés du travail porteurs.
La Suède, la Belgique, le Danemark ou encore la France se situent dans une position intermédiaire basse, avec un âge médian autour de 41 à 43 ans en 2025. La France a longtemps bénéficié d’un taux de fécondité élevé ce qui a a ralenti vieillissement démographique. Le recul de la fécondité depuis le milieu des années 2010 commence néanmoins à se faire ressentir. Les pays d’Europe centrale et orientale affichent une progression plus marquée de leur âge médian. La Pologne, la Slovaquie, la Hongrie ou encore les États baltes voient leur âge médian augmenter de manière significative sur la période. Longtemps plus jeunes que l’Europe occidentale au sortir des années 1990, ces pays connaissent aujourd’hui un double choc : une fécondité durablement basse et une émigration de jeunes actifs vers l’ouest. Le résultat est visible : en 2025, leur âge médian rejoint, voire dépasse, celui de plusieurs pays fondateurs de l’Union.
En Europe du Sud, le vieillissement est le plus marqué. L’Italie occupe la dernière position du classement en 2025, avec un âge médian proche de 49 à 50 ans. La Grèce, le Portugal et l’Espagne suivent de près, tous au-delà de 46 ou 47 ans. En dix ans, ces pays ont vu leur âge médian progresser de deux à trois ans.
Ce phénomène est le fruit d’une fécondité parmi les plus faibles au monde, souvent inférieure à 1,3 enfant par femme sur la période, conjuguée à une espérance de vie élevée et à des flux migratoires insuffisants pour compenser le déficit naturel. L’Italie constitue à cet égard un cas emblématique : l’écart entre 2015 et 2025 témoigne d’un basculement rapide vers une société où près d’un habitant sur deux se situe au-dessus de l’âge médian proche de 50 ans.
Au sein de l’Union, un processus de convergence est à l’œuvre. En 2015, l’écart entre le pays le plus jeune et le plus âgé atteignait près de dix ans. En 2025, cet écart demeure important mais tend à se resserrer.
Sur le plan économique, le vieillissement pèse sur la croissance potentielle via la réduction de la population en âge de travailler. Il modifie la structure de la consommation, favorise certains secteurs (santé, services à la personne, adaptation du logement) et en fragilise d’autres. Il influe également sur l’épargne.
Sur le plan social et budgétaire, la hausse de l’âge médian renforce la pression sur les systèmes de retraite et d’assurance maladie. Dans des pays comme l’Italie, la Grèce ou le Portugal, déjà confrontés à des niveaux d’endettement public élevés, la combinaison du vieillissement et d’une croissance atone constitue un défi redoutable.

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