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Adapter la ville au vieillissement démographique

Retraite 8 avril 2024

La population française, dans les vingt prochaines années, sera marquée par l’accélération de son vieillissement, le nombre de retraités passant de 17 à 23 millions. Le nombre de plus de 75 ans passera de 6,6 à 10,3 millions de 2022 à 2040. Cette évolution ne sera pas sans conséquence dans la gestion ces villes sachant que la population française vit à plus de 80 % en milieu urbain. Les questions de déplacement, l’accès aux soins, la présence de services de proximité seront des questions de plus en plus importantes. Le choix du maintien à domicile le plus longtemps possible, souhaité par un grand nombre de Français, suppose que les municipalités, les départements en charge de l’aide sociale et les régimes sociaux comme ceux de la santé et de la dépendance s’adaptent à la présence de nombreux seniors en milieu urbain.

L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a réalisé une étude concernant le Grand Paris dans lequel, en 2040, un habitant sur cinq aura plus de 65 ans. Les seniors seront alors 1,355 million, soit 33 % de plus qu’en 2019. Le nombre de personnes de plus de 75 ans passera de 473 530 à 735 070.

Les seniors se déplacent beaucoup, mais sur des distances plus courtes que les actifs. En moyenne, ils effectuent 3,5 déplacements par jour. 55 % de leurs déplacements s’effectuent à pied et 20 % en transports en commun. Les bus et les tramways sont privilégiés. La distance moyenne parcourue est de 1,5 kilomètre. Les habitants de la petite couronne recourent, en général, fort logiquement plus à la voiture que ceux de Paris intra-muros. Dans les Hauts-de-Seine, 28 % des déplacements s’effectuent en voiture, contre 6 % à Paris, mieux desservie en transports collectifs. Au-delà de l’accès à ces derniers, la photographie des déplacements souligne que le facteur revenus et la socialisation jouent un rôle important. Les retraités de Seine-Saint-Denis sortent moins que ceux des autres départements.

En 2040, le vieillissement de la population se traduirait, selon l’Apur, par un recours plus important de la voiture, ce qui irait à l’encontre de la réduction de ce moyen de transport espérée par les pouvoirs publics. Pour éviter ce recours à l’automobile, les collectivités publiques seront dans l’obligation de développer l’offre de transports en commun en prenant en compte leur accessibilité. Les experts de l’Apur souhaitent encourager les déplacements à pied tant dans un souci de lutte contre les émissions des gaz à effet de serre que dans celui d’améliorer la santé des seniors. À cette fin, les collectivités seront contraintes d’élargir les trottoirs, de renforcer la signalétique, de multiplier les bancs, de favoriser les transports à la demande. La question de la vitesse sera également un sujet majeur. 50 % des décès de piétons liés aux accidents de la circulation concernent des seniors. Le verdissement des espaces urbains constitue également une priorité pour atténuer les conséquences des canicules. Dans le domaine social, les collectivités seront amenées à développer l’aide à domicile, sachant que 96 % des seniors métropolitains vieillissent chez eux. Le développement des services à domicile suppose l’adaptation de nombreux logements qui sont, en milieu urbain, souvent anciens.

Les pouvoirs publics sont amenés à gérer de manière concomitante vieillissement et transition écologique, ce qui suppose la réalisation d’importants investissements. La question du financement et des arbitrages à réaliser se pose avec d’autant plus d’acuité que la croissance économique tend à s’éroder.

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