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Cotisations – pensions – âge de départ : les arbitrages impossibles ?

Au mois de juin prochain, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) publiera son rapport annuel avec, à la clé, de nouvelles simulations sur les régimes de retraite français. Depuis plusieurs mois, il distille les pistes et données afin de préparer les acteurs de la retraite et l’opinion et tester les réactions. Le rapport 2026 sera marqué par la prise en compte de nouvelles projections démographiques intégrant la baisse de la fécondité. L’évolution de la croissance et de l’emploi pourrait également influer sur le solde des régimes de retraite. À un an de l’élection présidentielle et de la fin de la suspension de la réforme des retraites de 2023, cette publication sera particulièrement attendue.

Afin de cadrer le débat, le COR a présenté récemment une note sur les moyens de financer un déficit de 6 milliards d’euros pour les régimes de retraite et sur leurs conséquences sur l’activité économique. Le rééquilibrage peut passer par trois solutions – le report de l’âge de départ à la retraite, l’augmentation des cotisations ou la baisse des pensions – dont les effets ne sont pas identiques.

L’augmentation des cotisations salariales aboutirait à une diminution du revenu disponible des actifs. À horizon de deux ans, le produit intérieur brut reculerait alors d’environ -0,1 à -0,15 point, et l’emploi se contracterait de 20 000 à 30 000 postes. À plus longue échéance, l’économie demeurera en retrait, avec une perte pouvant atteindre -0,35 point de PIB, près de -80 000 emplois, et un chômage supérieur de 0,3 point au scénario de référence. Il y aurait ainsi une perte en ligne non négligeable qui rétroagirait sur le système de retraite.

L’autre option serait d’augmenter les cotisations employeurs. Elle ne toucherait pas au montant des salaires, mais renchérirait le coût du travail et diminuerait potentiellement les bénéfices et donc les dividendes. Cette mesure pourrait réduire de 0,1 point le PIB à court terme avec 10 000 à 50 000 emplois en moins. À long terme, le niveau d’activité pourrait s’inscrire en retrait de -0,35 point, traduisant une perte de compétitivité persistante.

La baisse des pensions constitue une mesure extrêmement sensible comme en témoignent depuis deux ans les débats autour de leur indexation par rapport à l’inflation ou celui sur la suppression de l’abattement de 10 %. Une réduction des pensions n’est pas sans conséquences. Elle risquerait de porter atteinte à la consommation. Selon le COR, l’activité ralentirait avec une perte de 0,1 % de PIB et l’emploi reculerait d’environ 10 000 postes à court terme. Mais à mesure que les prix s’ajusteraient, que les importations se contracteraient, que la compétitivité se redresserait, l’effet s’atténuerait. À long terme, la perte ne serait plus que de -0,05 point de PIB, parfois nulle selon les modèles.

Le recul de l’âge de départ obéit à une autre logique. Il ne joue pas sur les recettes, mais sur les dépenses et sur l’emploi. En prolongeant la durée d’activité, il augmente le nombre de cotisants, élargit la base productive et renforce les recettes publiques. Un recul à 65 ans pourrait générer de 210 000 à 240 000 emplois supplémentaires, avec un gain de 0,7 à 0,9 point de PIB à long terme. L’amélioration des finances publiques est évaluée à 0,7 point de PIB. Selon certaines modélisations, le chômage pourrait augmenter temporairement, jusqu’à +0,6 point à deux ans, sous l’effet de l’arrivée de nouvelles cohortes sur le marché du travail. Mais cette tension s’estompe avec le temps. À long terme, les modèles convergent autour d’un retour du chômage vers son niveau d’équilibre, tandis que l’activité demeurerait durablement plus élevée. L’économie absorberait le choc et en tirerait ainsi profit.

Le document du COR ne privilégie pas une piste par rapport aux autres, mais rappelle leurs effets économiques. Tous les leviers améliorent le solde du système, mais certains le font au prix d’un ralentissement économique.

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