menu

Accueil > Actualités > Retraite > 2021 > Une question de salubrité publique

Une question de salubrité publique

Retraite 6 février 2021

L’édito du Cercle de l’Épargne de février 2021

La crise historique que nous connaissons depuis le mois de mars dernier n’occulte pas, bien au contraire, le défi que nous devons relever avec l’arrivée à l’âge de la retraite des larges générations du baby-boom. Le nombre de retraités passera de 16 à plus de 20 millions d’ici le milieu du siècle. Le ratio des actifs par rapport aux retraités s’élèvera alors à 1,4 contre 1,7 actuellement. La crise de la Covid-19 pèsera sur la croissance durant plusieurs années. Le taux d’emploi, en recul, diminue d’autant la masse salariale qui sert d’assiette aux cotisations retraite. Avant même cette crise, avant même la réforme visant à instituer le régime universel, le niveau de vie des futurs retraités était amené à s’éroder année après année. Si aujourd’hui, il est de dix points au-dessus de la moyenne nationale, il devrait, d’ici une trentaine d’années, être inférieur à celui de l’ensemble de la population de 15 à 24 points. Face à ce constat maintes fois souligné par le Conseil d’Orientation des Retraites, l’immobilisme, doublé d’une certaine forme de fatalisme, semble être de mise. Le Titanic coule, mais nous continuons à écouter l’orchestre. Il est vrai que, le Ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a, dans le cadre de la loi PACTE de 2019, réussi à instituer le Plan d’Épargne Retraite (PER) qui a remplacé une kyrielle de produits créés au fil de l’eau sans aucune cohérence. Le Ministre a, avec le PER, réalisé un pont entre l’épargne retraite individuelle et l’épargne retraite collective, reprenant en cela la loi que j’avais fait adopter en 1997. Il aurait certainement mieux valu aller jusqu’au bout du processus en permettant la mise en place de structures dédiées à la retraite par capitalisation comme cela existe dans de nombreux pays. Malgré tout, il convient de souligner l’avancée réalisée en 2019. Les Français ont compris l’utilité de ce produit qui, malgré la crise de la Covid-19, enregistre de bons résultats. Le PER répond à leurs attentes en permettant de sortir soit en capital, soit en rente. Dans le contexte très compliqué dans lequel nous évoluons depuis un an, il faudrait faire plus et mieux pour l’épargne retraite. Les Français ont, depuis le début de l’épidémie, mis de côté plus de 80 milliards d’euros qui ont été laissés sur leurs comptes courants ou été placés sur des livrets d’épargne réglementée ou bancaires. La constitution d’une épargne liquide et sûre est logique en période de trouble. Malgré tout, une grande partie de cette épargne pourrait être réallouée. Il ne faut pas oublier que malgré le recul du PIB de 10 points en 2020, le niveau de vie des Français a baissé de moins de 5 %. La réorientation de l’épargne « Covid » vers des placements longs et en particulier vers l’épargne retraite est de salubrité nationale. Les entreprises françaises, contraintes de s’endetter pour faire face à la crise, ont un cruel besoin de renforcer leurs fonds propres. Elles doivent avoir rapidement les capacités d’investir pour améliorer leur compétitivité et créer des emplois. Compte tenu de la dégradation des comptes sociaux imputable à la crise, les actifs ont tout intérêt à réduire leur exposition aux simples régimes par répartition en se constituant des suppléments de retraite. Une large campagne en faveur de l’épargne retraite serait nécessaire afin de dynamiser notre épargne et dégonfler le stock de liquidités qui s’est constitué depuis un an. Les bonnes performances des marchés incitent, par ailleurs, à l’essor de l’épargne retraite. Les marchés ont résisté à la crise, soutenus par les faibles taux d’intérêt et par les annonces relatives aux plans de relance. Ce contexte ne devrait pas fortement évoluer dans les prochains mois. Nous avons, en outre, pu constater avec cette crise que les Français commençaient à mieux appréhender les valeurs actions. À la différence des crises précédentes, ils n’ont pas vendu au moment de la chute des cours en mars/avril. Au contraire, certains ont réalisé des achats. La culture « actions » commence à prendre. Il faut donc non pas ralentir mais accélérer le développement du PER.

Jean-Pierre Thomas

A lire dans le Mensuel du Cercle de l’Épargne N°82 de février 2021

Partagez cet article

Suivez le cercle

recevez notre newsletter

le cercle en réseau

contact@cercledelepargne.com