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Non, les créations record d’entreprises en 2020 ne sont pas un indicateur réjouissant sur le dynamisme de l’économie française

L’Insee a publié sa note mensuelle le 15 janvier sur les créations d’entreprise, qui annonce une hausse des créations d’entreprise en France pour l’année 2020, malgré un mois de décembre décevant. Ce résultat surprenant est-il pour autant un bon signe pour l’économie française ? Philippe Crevel nous apporte son éclairage sur le sujet.

Opinion | Pas de croissance sans concurrence

La tentation est grande en période de crise de favoriser la constitution de champions nationaux, afin de sauver des emplois. Cela serait une grave erreur, écrit l’économiste Philippe Crevel, pour qui il faudrait au contraire encourager la concurrence.

Les Français, les actions et la crise !

Le nombre d’actionnaires français est assez mal connu. Leur nombre varie de 3,5 millions selon une étude de l’institut de sondage Kantar (2017) à plus de 7 millions selon l’Association Française de Gestion Financière en 2020. L’Autorité des marchés financiers estime que 6,6 % des Français possèdent des actions. Le taux de détention est le plus élevé chez les 60/64 ans (10,3 %). Près du quart des personnes ayant un revenu supérieur à 6 000 euros par mois ont des actions (23,4 %). La proportion dépasse 41 % pour les personnes ayant un patrimoine financier de plus de 150 000 euros. 

Le nombre de titulaires de plan d’épargne en actions s’élève, de son côté, à 4 millions. Il convient de distinguer les actionnaires directs, ceux qui possèdent des titres en vifs des actionnaires indirects qui détiennent des parts d’Organismes de placement collectif (OPC) majoritairement investis en actions. L’épargne salariale est un vecteur important de la possession par les salariés d’actions. Fin juin 2020, l’actionnariat salarié représente 45,4 milliards d’euros.

Au sommaire de l’étude

  • Les actions, un placement qui sort de l’isolement
  • Les actions, plus appréciées par les hommes que par les femmes
  • Les actions plébiscitées par les jeunes
  • Les actions, les cadres supérieurs et les indépendants avant tout
  • Les actions, un phénomène urbain mais pas obligatoirement parisien
  • Les actions, une question de revenus ?
  • Des actionnaires heureux ?
  • Les détenteurs d’actions ont renforcé leurs positions depuis le début de la crise
  • Les jeunes en pointe pour l’achat des actions
  • Les indépendants et les cadres, les plus pro-actifs sur le marché des actions
  • La priorité n’est pas au placement à long terme

Panorama 2020 des pensions de l’OCDE

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié début décembre 2020 son édition 2020 du Panorama des pensions. Dans ce rapport, l’OCDE met en évidence la manière avec laquelle ses États membres ont protégé l’année dernière les retraités et futurs retraités. L’OCDE souligne que la crise a engendré de nombreuses difficultés au niveau tant de l’épargne-retraite que des dispositifs de pension de vieillesse. La crise économique devrait maintenir les taux d’intérêt, les rendements et la croissance à des niveaux très faibles ; ce qui occasionnera pour de nombreuses personnes des difficultés à épargner pour leur retraite. 

La crise du covid-19 accroît les tensions sur les systèmes de retraite des pays développés

La retraite par répartition a été la plupart du temps préservée grâce au chômage partiel qui a été fortement étendu dans les pays de l’OCDE et devrait contribuer à limiter les conséquences négatives sur les futures pensions. Grâce aux éléments de compensation existant avant la crise ou mis en place pendant cette dernière dans plusieurs États, l’organisation estime qu’un actif ayant subi une période de chômage d’une durée totale de 5 ans dans un État considéré comme protecteur devrait, toucher le même niveau de pension qu’un actif ayant eu une carrière complète. En revanche, certains pays comme l’Australie, la Pologne ou la Corée du Sud se caractérisent par de faibles mesures de compensation qui entraîneront potentiellement des baisses de pension de près de 10 %.

Un autre enjeu majeur des prochaines années est celui de la diminution du salaire moyen qui fait office dans de nombreux pays de base de calcul pour déterminer le montant de la pension comme par exemple aux États-Unis. La baisse des salaires en 2020 aux États-Unis entraînera une diminution des pensions estimée par l’organisation à 13 % pour ceux qui ont 60 ans aujourd’hui. Aux États-Unis, de nombreux retraités aux revenus modestes poursuivent une activité professionnelle. 

La dégradation des comptes publics en 2020 pourrait aussi pousser les gouvernements à demander à l’avenir un effort plus important aux retraités. 

Des évolutions ont concerné les cotisations pour la retraite l’année dernière

L’OCDE souligne que plusieurs de ses États membres ont mis en place un mécanisme de report ou d’annulation de cotisations s’appliquant notamment aux cotisations vieillesse. Au Japon, cette dispense de cotisation devra nécessairement être payée à l’avenir afin de garantir son niveau de pension.

Certains pays ont spécifiquement permis en 2020 de faire une pause dans les cotisations à l’épargne retraite, ce qui pourrait engendrer, d’après l’OCDE, une diminution du revenu à la retraite d’environ 2-3 % pour une année sans cotisation. 

Enfin, des pays comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont subventionné l’année dernière directement une partie des cotisations dans les plans d’épargne retraite, ce qui a permis aux entreprises de ne pas effectuer cette dépense. 

Un accès facilité à l’épargne retraite s’est développé dans de nombreux pays en 2020

Les comptes d’épargne retraite ont été impactés de manière négative par la baisse des cours des marchés financiers au premier semestre. L’OCDE rappelle ainsi que “La valeur marchande des comptes d’épargne-retraite a subi une forte baisse au premier trimestre de 2020. Les pertes sur les marchés financiers font baisser le montant des actifs des régimes de retraite. Les prévisions suggèrent que les avoirs de retraite auraient diminué de 10 % au premier trimestre 2020 dans la zone OCDE”.

Pour faire face aux difficultés économiques actuelles, certains pays permettent un accès avancé à l’épargne retraite. Ainsi au Mexique et en Nouvelle-Zélande, il est possible d’accéder à son épargne retraite en cas de difficultés financières (ce sont les deux pays où il y a eu le plus de retraits au niveau de l’épargne retraite au cours de la crise Covid-19). L’Australie donne la possibilité aux salariés dont le temps de travail est réduit d’au moins 20 % ainsi qu’aux travailleurs indépendants qui connaissent une baisse de leur chiffre d’affaires de minimum 20 % d’accéder à leur épargne retraite. Aux États-Unis, les salariés licenciés disposent de la faculté de puiser leurs économies dans les fonds de pension. L’Espagne autorise quant à elle les membres de certains régimes à retirer leurs avoirs s’ils se retrouvent au chômage. 

L’OCDE a mis en avant plusieurs propositions dans son rapport

Pour l’OCDE, il est essentiel que l’accès anticipé à l’épargne-retraite reste une « option de dernier recours, fondée sur les circonstances particulières d’un individu, comme la détresse financière ou une maladie grave ». Les effets négatifs d’un accès trop facilité à l’épargne retraite avant la liquidation des droits sont en effet importants. 

L’OCDE prône la mise en place de dispositifs d’épargne longue associant un compte d’épargne destiné à la retraite et un compte d’épargne destiné aux cas d’urgence. Cette mesure permettrait de renforcer la résilience de l’épargne retraite. L’État de Singapour a créé à cet effet différents comptes d’épargne afin de répondre à des besoins différents.

L’OCDE recommande aussi dans son rapport de :

  • « Veiller à ce que les individus continuent d’épargner pour leur retraite et évitent de vendre des actifs et de réaliser des pertes lorsque les marchés subissent des baisses marquées.
  • Adopter un cadre pour évaluer l’adéquation du revenu des retraités et procéder régulièrement à des évaluations, pour identifier les groupes à risque et remédier à leurs inadéquations spécifiques. 
  • Envisager des mesures ciblées pour s’assurer que les travailleurs occupant des emplois atypiques – salariés temporaires et à temps partiel, travailleurs indépendants et travailleurs informels – aient la possibilité d’épargner pour leur retraite ». 

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

Retraite et épargne retraite, ce qui change au 1er janvier 2021

Revalorisation des pensions de 0,4 %

Au 1er janvier 2021, les pensions de base versées par la Caisse nationale d’assurance vieillesse sont revalorisées de 0,4 %. Cette revalorisation concerne, à la différence de 2020, toutes les pensions quel que soit leur montant. 

La valeur d’un trimestre en 2021

Dans le secteur privé, pour valider un trimestre, il faut gagner l’équivalent de 150 heures payées au SMIC. En valeur horaire ce dernier passe à 10,25 euros bruts à compter du 1er janvier 2021 (hausse de 0,99 %). Ainsi, un salaire de 1 537,50 euros bruts permet de valider un trimestre de cotisation vieillesse en 2021, contre 1 522,50 euros bruts en 2020. Pour se voir octroyer une annuité complète de cotisation, soit quatre trimestres dans l’année, une rémunération annuelle brute d’au moins 6 150 euros (1 537,50 x 4) est nécessaire en 2021.

Les plafonds de réversion actualisés

Les pensions de réversion sont attribuées aux conjoints survivants sous condition de ressources dans les régimes de retraite de base du secteur privé. Les revenus annuels du veuf ou de la veuve ne doivent pas excéder 2 080 fois le SMIC horaire, soit 21 320 euros en 2021, contre 21 112 euros en 2020. Si le veuf ou la veuve vit en couple, le plafond annuel de ressources du ménage ne peut dépasser 1,6 fois le plafond exigé pour une personne seule, soit 34 112 euros en 2021.

Le plafond du minimum contributif

Dans le secteur privé, les assurés qui ont atteint l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et qui disposent du nombre de trimestres de cotisation demandé dans leur génération bénéficient du minimum contributif (ou MICO). Ce dispositif garantit aux retraités un montant plancher de pension. Si le revenu cumulé des pensions de base et complémentaires n’atteint pas ce plafond, le minimum contributif vient le compléter à due concurrence. En 2021, le montant plafond est de 1 203,35 euros, contre 1 191,57 euros en 2020. Ce montant est indexé sur le SMIC.

Le cumul minimum vieillesse-activité

Depuis le 1er janvier 2015, les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui a remplacé le minimum vieillesse, sont autorisés à la cumuler avec un revenu d’activité. Le montant cumulé ne peut être supérieur à 0,9 fois le SMIC pour un célibataire et à 1,5 fois le SMIC pour une personne vivant en couple, soit respectivement, 1 399,12 euros et 2 331,87 euros par mois à compter du 1er janvier 2021,

L’assurance volontaire des parents au foyer

Les pères ou les mères qui ne travaillent pas pour élever leurs enfants ont la possibilité de cotiser volontairement à la retraite via l’Assurance volontaire des parents au foyer (AVPF). La cotisation due au titre de l’AVPF est calculée sur la base d’une assiette forfaitaire égale, par mois, à 169 fois le salaire horaire minimum en vigueur au 1er juillet de l’année civile précédente, soit 10,25 euros. L’assiette forfaitaire mensuelle applicable en 2021 au titre de l’AVPF s’élève donc à 1 715,35 euros.

L’assurance volontaire des chargés de famille

Les parents chargés de famille qui ne sont pas affiliés à un régime de retraite obligatoire peuvent, sous certaines conditions, s’assurer contre ce risque. Leur assiette trimestrielle de cotisation est égale à 507 fois le SMIC horaire, soit 5 197 euros en 2021.

Le montant de déduction fiscale pour l’épargne pour 2021

Les plafonds de déduction pour l’épargne retraite dépendent du plafond annuel de la Sécurité sociale. Pour le calcul de la formule de 2021, c’est le montant de 2020 qui est pris en compte. Il est à signaler que ce montant restera également en vigueur en 2022 du fait que le plafond annuel de la Sécurité sociale n’a pas été actualisé en 2021. Son montant est de 41 136 euros. 

Les cotisations versées en 2021 sur les produits d’épargne retraite peuvent être déduites des revenus perçus en 2021 et déclarés au printemps 2022 dans la limite, au choix, de :

  • Dans la limite de 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de l’année N-1 soit 4 113 euros ;
  • Dans la limite de 10 % des revenus professionnels pris dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de l’année N-1 soit 32 909 euros.

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

La retraite en France, c’est du sérieux

La France est, avec l’Italie, le pays de l’OCDE qui consacre le plus aux dépenses de retraite, près de 14 % du PIB avec comme spécificité, l’hégémonie des régimes obligatoires de nature publique ou quasi publique. 97 % des pensions sont issues de ces régimes en France, quand en moyenne au sein de l’OCDE, le taux moyen est de 75 %. Aux États-Unis, la retraite dite privée représente plus de 42 % des dépenses. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

La France, une forte progression des dépenses de retraite

Avec l’Italie et l’Espagne, la France est le pays de l’OCDE ayant enregistré la plus forte progression des dépenses de retraite. Elles sont passées de 9,3 à 13,6 % du PIB en 40 ans. La France se caractérise par l’espérance de vie à la retraite la plus importante de l’OCDE (plus de 25 ans) conséquence d’un départ précoce à la retraite et d’une espérance de vie élevée à 60 ans. Par ailleurs, la couverture d’assurance vieillesse a été fortement améliorée des années 1970 aux années 1990. La France est également confrontée à un papy-boom, la réplique du baby-boom des années 1950/1970. Ce dernier a été plus important que dans la moyenne des pays de l’OCDE. Le nombre de retraités qui s’élevait à 5 millions en 1980 a atteint, en 2019, 16 millions et devrait se rapprocher de 25 millions d’ici le milieu du siècle. 

D’autres pays ont réussi à stabiliser leurs dépenses de retraite (Allemagne, Pays-Bas) en mettant en œuvre des réformes d’ampleur plus rapidement qu’en France. Par ailleurs, ces pays avaient connu un moindre baby-boom. En revanche, selon l’OCDE, l’application des différentes réformes de retraite, engagées depuis 1993, devrait, en France, aboutir à un recul des dépenses de retraite par rapport au PIB d’ici 2070. Ce scénario qui suppose une restauration de la croissance (1,5 % au minimum) est retenu par le Conseil d’orientation des retraites. Le poids des dépenses retraites pourrait revenir autour de 11 % du PIB en 2070. À court terme, avec la crise sanitaire, le poids des dépenses de retraite augmente au sein du PIB. Les dépenses restent constantes quand le PIB se rétracte. En France, en 2020, elles devraient s’élever à 16 % du PIB avant de reculer progressivement avec le retour de la croissance. L’épidémie de Covid-19 générera des économies non pas en raison de l’augmentation des décès (cet effet sera a priori – et il faut l’espérer – marginal) mais par une diminution des droits constitués, l’année 2020 sera une année médiocre au niveau des rémunérations même si le chômage partiel sera pris en compte. La baisse des primes, des heures supplémentaires pèsera sur les salaires de référence et sur le nombre de points accordés dans le cadre des régimes complémentaires. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

Une pension moyenne dans la moyenne

Avec une pension moyenne représentant 53 % des revenus d’activité, la France se situe dans la moyenne haute de l’Union européenne. Elle est devancée par l’Espagne et la Belgique. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

La France, un départ précoce à la retraite

Avec les Belges, les Français figurent parmi les Occidentaux partant le plus tôt à la retraite, à 61,9 ans contre une moyenne de 63,3 ans au sein de l’Union européenne. Selon la Cour des comptes, la moitié des départs à la retraite s’effectue en dessous de l’âge légal du fait des différents dispositifs existants (départs anticipés dans la fonction publique, carrière longue, etc.). L’âge de départ effectif tend néanmoins à augmenter en raison de l’allongement de la durée de cotisation et du passage de l’âge légal à 62 ans. L’âge effectif était de 60 ans et 4 mois en 2010. Une grande majorité des États membres de l’OCDE ont des âges moyens de sortie du marché du travail proches de 65 ans. Il atteint même 70 ans en Corée du Sud et au Mexique. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

Les français souhaitent un retour à la retraite à 60 ans

Selon une enquête commandée par le Cercle de l’Épargne et Amphitéa, 41 % des Français souhaitaient le retour de la retraite à 60 ans. Seulement 21 % étaient disposés à son report à 65 ans. Ce résultat confirme celui de l’enquête réalisée par la Commission européenne. Parmi les Européens, les Français sont ceux qui désirent prendre le plus tôt leur retraite, 60,8 ans quand les Allemands souhaitent partir à 64,5 ans.

Source EWCS – Union européenne, vague 2015.

Les Français championne de l’espérance de vie à la retraite

La France se classe devant l’Espagne et la Belgique pour l’espérance de vie à la retraite. Celle-ci dépasse 25 ans. Elle est la conséquence d’une espérance de vie à 60 ans figurant parmi les plus élevées de l’OCDE, en particulier pour les femmes, et par une liquidation des droits à pension précoce. Ce sont les pays qui ont des âges de départ effectif les plus élevés qui sont à la traîne dans ce classement, le Japon et les États-Unis. Figure également parmi ces pays la Corée du Sud. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

La France, en tête pour le niveau de vie des retraités

Selon le sondage du Cercle de l’Épargne/Amphitéa du mois de septembre 2020, 56 % des retraités estiment que leurs pensions sont insuffisantes pour vivre correctement. L’augmentation de la CSG et la non-indexation des pensions ont été durement ressenties. Le pouvoir d’achat des retraités ayant liquidé leur retraite depuis au moins quatre ans est en baisse. Il n’en demeure pas moins que leur niveau de vie relatif est supérieur à la moyenne de la population. Il a même augmenté pour atteindre 110 % en 2020 en raison de l’épidémie qui a pesé sur les revenus d’activité.

Cercle de l’Épargne – données OCDE

La France, championne de l’épargne chez les seniors

La France se caractérise par un fort taux d’épargne. L’effort d’épargne est avant tout réalisé par les plus de 50 ans. Les retraités français épargnent au moins jusqu’à l’âge de 75 ans. Le taux d’épargne médian augmente avec l’âge du fait de la diminution des charges liées aux enfants et à l’acquisition de la résidence principale. Le taux d’épargne médian des plus de 65 ans est, en France, de 30 à 40 % plus élevé par rapport aux taux constatés au sein des différents pays de l’OCDE. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

Des patrimoines élevés chez les retraités

Le patrimoine net médian des plus de 65 ans dépasse en France 300 000 euros, contre 65 000 euros chez les moins de 35 ans. Le montant médian de patrimoine est le plus élevé en France entre 65 et 74 ans. En Europe, il n’est dépassé que par la Belgique et l’Espagne. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

Près de trois retraités sur quatre propriétaires de leur résidence principale en France

Plus de 70 % des retraités français sont propriétaires de leur résidence principale, contre 29 % des 16/34 ans. Les Espagnols et les Italiens ont des taux de possession supérieurs en ce qui concerne les plus de 65 ans. Les retraités allemands sont, en revanche, bien moins souvent propriétaires de leur résidence principale (52 %). 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

La France a le plus faible taux de pauvreté pour les retraités

Le taux de pauvreté des retraités français est, avec celui des Néerlandais, le plus faible de l’OCDE (respectivement 3,6 et 3,1 %). Avec la Belgique et les Pays-Bas, la France se caractérise par un taux de pauvreté chez les retraités inférieur à celui de l’ensemble de la population. Le minimum vieillesse et un taux de remplacement élevé expliquent le bon résultat de la France en matière de taux de pauvreté chez les retraités. 

Cercle de l’Épargne – données OCDE

Satisfaction pas garantie

Si la situation financière et patrimoniale des retraités est enviée, elle ne se traduit pas un degré de satisfaction élevé. Selon une enquête réalisée par l’Union européenne en 2016, les retraités français sont avec les Italiens ceux qui sont en dessous de la moyenne de la population en matière de satisfaction dans la vie. 

Niveau de satisfaction dans la vie des personnes de 65 ans et plus relatif à l’ensemble de la population en 2016

Source : Enquête sociale européenne, 2016

La situation actuelle des retraités français apparaît enviable tant en ce qui concerne le niveau de vie que du patrimoine. En revanche, leur appréciation sur leurs conditions de vie est assez négative. La crainte d’une baisse des pensions dans les prochaines années est anticipée, alimentant le climat de défiance. Le refus de la réforme des retraites est intimement lié à la question du report de l’âge de départ à la retraite qui est bien plus conflictuelle en France qu’ailleurs. Une majorité relative de Français serait pour un retour de la retraite à 60 ans et seulement un cinquième juge acceptable de la porter à 65 ans. Plus de trois siècles après la création des premiers régimes de retraite, cette dernière reste un sujet passionnel et source de divisions. 

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

2020, retour sur une année pas comme les autres

Les marchés « actions », des valeurs refuges ?

Les indices « actions » ont connu une évolution inattendue en 2020 au regard du contexte économique. Après le choc provoqué au mois de mars dernier par l’instauration des confinements dans la grande majorité des États occidentaux, entraînant une chute des cours de 30 %, les investisseurs ont repris le chemin des actions assez rapidement. L’annonce des plans de relance, le soutien inconditionnel des banques centrales et la découverte des vaccins ont conduit à un solide rebond boursier. Dans un monde de taux négatifs, les actions sont devenues un pôle de rendements. Les pertes du printemps ont été ainsi progressivement compensées. Les indices américains ont, à plusieurs reprises, battu leur record historique. 

La France, l’Italie et l’Espagne étant les pays les plus touchés sur le plan économique avec la mise en sommeil des activités touristiques, leurs indices « actions » n’ont pas réussi à repasser en territoire positif. Le CAC 40 a cédé sur l’année 7,14 % quand le DAXX allemand en gagnait plus de 3 %. L’indice milanais FTSE MIB Index a perdu 6,2 % sur l’ensemble de l’année. L’indice de référence espagnol a, de son côté, reculé, sur un an de 15,4 %. L’indice Footsie londonien a connu également un net recul, plus de 14 %, cumulant les effets de l’épidémie et du Brexit. Il s’agit de son plus fort recul de la récession de 2008. 

Le marché parisien a été pénalisé par le poids des valeurs dépendant de l’aéronautique et du tourisme et le nombre réduit des valeurs technologiques au sein des quarante premières capitalisations Par ailleurs, les valeurs financières sont toujours à la peine en raison des taux négatifs. Même si la deuxième vague de l’épidémie est plus sévère en Allemagne, ce pays s’en est mieux sorti au niveau économique que la France, en maintenant un bon niveau d’exportation. 

Cercle de l’Épargne 

Les valeurs technologiques ont été les grandes gagnantes avec celles du secteur de la santé. Le NASDAQ a accumulé les records durant l’année. Sur un an, cet indice a gagné plus de 40 %. 

Cercle de l’Épargne 

Le Bitcoin supplantera-t-il l’or ?

Le bitcoin, qui avait pris son envol après la crise de 2008, a connu une appréciation sans précédent en 2020 en gagnant par rapport au dollar plus de 250 %. Il s’échangeait en fin d’année à plus de 28 000 dollars (contre 8 000 dollars début janvier 2020). Des investisseurs ont misé sur cette cryptomonnaie soit pour réaliser des gains rapides, soit pour se prémunir d’un éventuel retour de l’inflation ou dans la perspective de son essor comme moyen de paiement courant. La hausse du bitcoin a coïncidé avec la baisse de l’or et du dollar lors du dernier trimestre 2020. L’or a malgré tout joué son rôle de valeur refuge en 2020 en dépassant 2 060 dollars l’once. Sur l’année, il a gagné plus de 25 %. Depuis le mois d’août, le métal précieux est en baisse. Les annonces concernant les vaccins et les perspectives de croissance ont joué en sa défaveur. Il convient de souligner que le marché du bitcoin reste modeste avec un encours de 500 milliards de dollars quand la capitalisation boursière de l’or dépasse 9 000 milliards de dollars. 

Le dollar en recul par rapport à l’euro

Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié par rapport au dollar de plus de 9 % en un an. Malgré des taux d’intérêt bien plus faibles en Europe, l’euro a gagné des points face au dollar. Les tergiversations des autorités américaines face à l’épidémie et le recours massif à l’endettement avec un déficit budgétaire de plus de 15 % du PIB ont contribué à cette baisse du dollar. 

Des taux une nouvelle fois historiquement bas et des dettes publiques historiquement élevées

L’année 2020 aura été marquée par une nouvelle baisse des taux d’intérêt qui, une nouvelle fois, ont battu en Europe des niveaux historiques en territoire négatif. L’État français s’est endetté à taux négatif sur l’ensemble de l’année, ce qui a permis de réduire le coût de la dette tout en empruntant un montant sans précédent, 260 milliards d’euros. En 2021, Bercy prévoit d’emprunter à nouveau 260 milliards d’euros sur les marchés. Ce montant permettra de financer un déficit qui dépassera 152,8 milliards d’euros, en recul de 54 milliards par rapport à 2020. À ce déficit s’ajoutent 127,3 milliards de remboursements d’obligations d’État arrivant à échéance, et 1,3 milliard de dette de la SNCF reprise par l’État. La dette de l’État qui était de 98 % du PIB fin 2019 est désormais proche de 120 % du PIB. La plupart des pays occidentaux ont accru leur dette publique de 15 à 25 points de PIB pour faire face à la crise économique générée par l’épidémie.

Le pétrole en mode montagnes russes

Le baril de pétrole (BRENT) a connu les montagnes russes en 2020 passant de 65 à 17 dollars de janvier à avril pour terminer en fin d’année au-dessus de 50 dollars. Sur les marchés à terme, son prix a été durant la première vague de Covid négatif. L’accord de régulation de la production associant l’OPEP et la Russie ainsi que les espoirs de reprise expliquent le rebond du second semestre. Sur l’année, le baril de brent cède néanmoins plus de 20 %. 

2021, une année à construire

Si le premier semestre 2021 reste marqué par la crise sanitaire et par le stop and go, la montée en puissance de la vaccination et les plans de relance devraient se faire ressentir au cours du second semestre. Compte tenu de l’amélioration des perspectives de croissance, le cours des actions devrait rester bien orienté. Le pétrole devrait également continuer à s’apprécier comme les autres matières premières. Les taux d’intérêt ont de fortes chances de rester très bas, les banques centrales ne souhaitant pas ajouter une crise financière à la crise économique. L’immobilier pourrait logiquement voir son pouvoir d’attraction baisser sans pour autant entrer dans une réelle dépression. Les faibles taux sont censés favoriser ce secteur mais l’érosion du pouvoir d’achat des ménages et les changements de comportement tant des particuliers que des entreprises devraient modifier la donne.

Malgré la crise, les Français ne sont pas sortis du marché « actions »

Les comportements évoluent en matière d’épargne. Ainsi, au cœur du premier confinement quand le cours des actions chutait de 30 %, plus de 150 000 nouveaux actionnaires sont, selon l’Autorité des marchés financiers, entrés sur le marché à la recherche de bonnes affaires. De nombreux jeunes ayant un compte en ligne sont ainsi devenus des actionnaires. La progression du nombre de PEA, qui a franchi la barre symbolique des 5 millions, est un autre signe de ce changement de comportement. 

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

L’or, bilan et prospective pour la valeur refuge

L’or a dépassé pour la première fois de son histoire les 2 000 dollars l’once[1] en 2020. L’or a en effet atteint les 2 075 dollars l’once début août 2020, soit 1 735 euros. Le cours de l’or était alors près de 40 % supérieur à son niveau de début 2020. Le cours de l’or a par la suite diminué sous l’effet tout particulièrement de l’annonce du vaccin, d’un retour du goût du risque des investisseurs et de la montée en puissance de cryptomonnaies comme le Bitcoin.

L’or termine tout de même l’année à près de 1 900 dollars l’once, soit une hausse en dollars d’environ 25 % sur un an (la hausse en euros est quant à elle proche de 15 %). Les investisseurs, professionnels et particuliers, ont compensé en 2020 la faible demande des consommateurs pour l’or physique. L’intérêt des investisseurs pour l’or l’année dernière s’explique notamment par la diminution des rendements boursiers, la faiblesse des taux d’intérêt et une défiance par rapport au dollar. L’or a ainsi joué pleinement en 2020 son rôle de valeur refuge.

Le cours de l’or est passé de 200 dollars en 2000 à plus de 2 000 dollars en 2020. Le prix de l’or repose sur des facteurs tout à la fois économiques, politiques, géostratégiques et psychologiques. Le cours peut en effet dépendre de la situation de l’économie, des politiques mises en œuvre par les banques centrales ou encore de la situation internationale. 

La production d’or influe actuellement peu sur les cours de l’or. L’or n’est pas aussi rare que le pétrole. Environ 60 années de production sont actuellement en circulation. La quantité d’or recyclée chaque année est par ailleurs importante. C’est surtout la demande des consommateurs et des investisseurs qui a des conséquences importantes sur les cours de l’or.

Après avoir mis en évidence le rôle de l’or en tant qu’ancien acteur majeur du système monétaire international mais aussi de valeur refuge, cet article dressera un bilan des cours de l’or en 2020 et s’interrogera sur l’évolution future de son prix. Cet article n’a en revanche pas vocation à s’étendre sur certaines caractéristiques de l’or comme ses usages, son stockage, sa vente ou encore sa fiscalité. Ces éléments ont déjà fait l’objet d’un traitement par le Cercle de l’Épargne dans son mensuel numéro 66 d’octobre 2019

L’or a longtemps été un rouage essentiel du système monétaire international

Dans le cadre du système de Bretton Woods de 1944 à 1971, chaque monnaie était définie par rapport à l’or et au dollar, le dollar étant lui-même rattaché de façon fixe à l’or. Il s’agissait donc d’un système d’étalon de change-or. Le taux de change d’une monnaie en une autre était stable et correspondait au rapport des quantités d’or ou de dollars caractérisant chacune d’entre elles. 

Chaque pays avait l’obligation de maintenir la parité de sa propre monnaie à l’intérieur de marges de fluctuation étroites (+ ou -1 %). La parité officielle d’une monnaie n’était modifiée que si des déséquilibres exceptionnels et durables de la balance courante obligeaient le pays à opérer une dévaluation ou une réévaluation. Lorsque les réajustements étaient d’un montant inférieur à 10 %, les États étaient simplement tenus d’en informer le FMI ; au-delà, ils devaient obtenir son accord préalable. 

Le système permettait une pleine convertibilité des monnaies, chaque pays devant convertir en dollars, en or ou en toute autre devise tout montant de sa propre monnaie pouvant potentiellement lui être présenté sur le marché des changes. En particulier, les États-Unis devaient convertir en or tous les dollars qui pouvaient leur être offerts par les banques centrales des autres pays, et ce au prix officiel de 35 dollars l’once d’or.

En 1959, une première attaque spéculative sur le dollar a lieu. Certains pays demandant alors la conversion de leurs encaisses en or. Le stock en or de la Réserve fédérale (FED) passe de 23 milliards de dollars en 1958 à 11 milliards en 1959, et le cours de l’once d’or s’apprécie dépassant la barre précitée des 35 dollars. 

Ce système portait en lui des contradictions structurelles mises en évidence par l’économiste Robert Triffin. Il fallait émettre beaucoup de dollars tout en gardant sa crédibilité par rapport aux réserves d’or de la FED afin de répondre à la demande de liquidité internationale. 

La convertibilité́ du dollar en or a cessé le 15 août 1971 puis les accords de la Jamaïque de janvier 1976 ont suppriméofficiellement le rôle d’étalon de l’or. Si la création monétaire ne dépend plus depuis de l’or en tant que collatéral, l’or demeure cependant un des éléments de réserve des grandes banques centrales.

Les États-Unis ont actuellement la plus grande réserve d’or du monde. Les autorités des pays émergents achètent depuis quelques années beaucoup d’or dans le but de réduire leur dépendance au dollar.

L’or fait généralement office de valeur refuge

Dans les périodes de crise, l’or retrouve généralement son caractère de valeur-refuge. Une valeur refuge est un actif dont le prix est non corrélé ou négativement corrélé au prix d’un autre actif ou d’un ensemble d’actifs lors de périodes de baisse ou d’incertitudes sur les marchés financiers. Pour faire face à des tensions sur les marchés financiers, les investisseurs ont tendance à diversifier leurs portefeuilles en investissant dans des actifs peu risqués et liquides comme l’or. 

L’or ne rapporte ni dividendes ni intérêts. Il ne verse pas de coupon. Son rendement correspond donc à la variation de son prix entre deux périodes. L’or permet toutefois de se couvrir contre des taux d’intérêt réels négatifs. 

Avant 2020, l’or a fait office de valeur refuge en 1973, 1980, 2009 ou en 2011. En 2011, l’once d’or s’était rapprochéedes 2 000 dollars. Corrigé de l’inflation, le record de l’or date d’ailleurs selon le Conseil mondial de l’or (CMO) de janvier 1980 ou il avait atteint en plein deuxième choc pétrolier environ 2 800 dollars l’once en monnaie actuelle.

L’or peut cependant perdre son statut de valeur refuge en période d’instabilité financière lorsque des investisseurs ont besoin de cash pour couvrir des pertes ou de lever de l’argent pour faire face à des engagements et réaliser des appels de marge, c’est-à-dire apporter des liquidités pour revaloriser les titres placés en garantie. Ces phénomènes expliquent en partie le passage du dollar de 1 700 dollars le 9 mars 2020 à 1 500 dollars le 16 mars 2020 alors qu’un indice comme le CAC 40 avait perdu plus de 35 % entre la mi-février et la mi-mars. Le fait que des détenteurs aient vendu pour profiter du niveau élevé des cours est aussi un facteur de baisse. 

En 2020, la demande des investisseurs notamment via des exchange traded funds (etf) a compensé la demande atone des consommateurs pour l’or physique

Celui qui veut investir dans l’or peut le faire en achetant de l’or physique, en optant pour des actions de sociétésaurifères ou en investissant dans des fonds indiciels physiquement adossés à l’or (exchange traded funds, ETF) comme par exemple Ishares Physical Gold ou le SPDR Gold Shares qui détenait, à la fin juin 2020, environ 1 230 tonnes d’or.

Les ETF donnent la possibilité aux investisseurs de détenir un titre côté répliquant la performance de l’or sans les coûts logistiques. La liquidité de l’or papier est plus importante que celle de l’or physique. 

La hausse des cours de l’or en 2020 est fortement liée à la forte demande en ETF, qui a compensé la faiblesse de la demande des consommateurs pour l’or physique et le ralentissement du rythme des achats d’or par les Banques centrales. De nouveaux acteurs se sont mis à acheter de l’or tels que des fonds de pension ou des acteurs de la gestion de patrimoine comme la banque Lombard Odier qui a créé une exposition dédiée à l’or dans les portefeuilles de ses clients. 

Les investisseurs ETF ont tout particulièrement soutenu les prix de l’or entre avril et août 2020. Le niveau des ETF indexés sur le cours de l’or a cependant diminué de 100 tonnes en novembre selon les données de Bloomberg. L’annonce du vaccin en novembre et le retour du goût du risque des investisseurs ont contribué à cette baisse. Il s’agissait de la plus importante sortie mensuelle en quatre ans et de la première en un an. 

Les fondamentaux restent positifs pour l’or en 2021

Les banques centrales vont conserver des taux proches de zéro pendant encore un certain temps, ce qui devrait permettre de maintenir des taux d’intérêt réels faiblement positifs ou négatifs et donc conserver l’attractivité de l’or. Le volume des encours à rendement négatif n’a jamais été aussi élevé. L’indice Bloomberg Barclays comptabilisait en novembre 2020 plus de 17 500 milliards de dollars d’obligations à rendement négatif (dont près de 15 % étaient des obligations d’entreprises). Le rendement réel des bons du Trésor américains était de près de -1 % l’été dernier. 

Le cours de l’or a aussi bénéficié de la baisse des cours du dollar en 2020. L’or étant libellé en dollars, l’affaiblissement du billet vert stimule les achats par les investisseurs non américains. Mi-décembre 2020, l’euro franchissait le niveau de 1,22 dollar pour la première fois depuis avril 2018. Le cours du dollar s’est affaibli d’environ 9 % en 2020 par rapport à ceux de l’euro. Le fait que l’inflation dans la zone euro devrait être, à court et moyen terme, inférieure à celle des États-Unis, jouera en faveur de la robustesse de l’euro. 

Le potentiel de croissance des cours de l’or est cependant probablement assez limité à moyen terme

Une reprise économique dynamique pourrait inciter les investisseurs à retourner vers d’autres placements que l’or. Ce phénomène serait encore plus marqué dans le cas d’une reprise faiblement génératrice d’inflation. 

Enfin, des analystes de banques d’investissement comme JPMorgan considèrent que la montée actuelle des cryptomonnaies dans la finance traditionnelle se fait au détriment de l’or. Beaucoup d’argent a par exemple afflué en octobre et novembre 2020 dans les fonds Bitcoin et est sorti de l’or. Le Bitcoin attire aujourd’hui davantage des investisseurs de long terme, comme des banques privées et des family offices, qu’en 2017 lors de la précédente flambée de ces cours. L’adoption du bitcoin par les investisseurs institutionnels ne fait que commencer, alors que pour l’or, son adoption par les investisseurs institutionnels est très avancée. L’or et une cryptomonnaie comme le Bitcoin ont pour similitude d’être des actifs  n’existant qu’en quantité́ limitée. Elles ne sont pas, par ailleurs, un moyen de paiement pratique. 

Conclusion

Alors que les pouvoirs publics américains ont récemment adopté un plan de relance de 900 milliards de dollars et que la BCE a annoncé en décembre 2020, le prolongement jusqu’à mars 2022 de son programme de rachat d’actifs et le relèvement de son plafond de 500 milliards d’euros pour le porter à 1 850 milliards, la dynamique des marchés en 2021 et donc de l’or est difficile à prévoir. Le rythme de la reprise en 2021 est en effet incertain. La situation de taux d’intérêt réels faibles, qui est favorable à l’or, est en revanche partie pour perdurer. De plus en plus de jeunes et d’investisseurs institutionnels se tournent vers des cryptomonnaies au détriment de l’or. Il sera de ce fait intéressant de voir si cette dynamique se poursuit en 2021 et si le niveau des achats d’or par les banques centrales en 2021 sera proche de celui de 2018 et 2019. 


[1] Depuis 1944, c’est le cours en dollars de l’once d’or qui fait office de référence au niveau international. Le lingot d’or d’once troy équivaut à 31,1 grammes.

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

2019, une année historique pour le patrimoine

Fin 2019, avant la crise sanitaire, le patrimoine économique national net s’élevait à 16 421 milliards d’euros, soit l’équivalent de 8,3 fois le produit intérieur net de l’année. Ce ratio dépassait les niveaux historiques de 2011 et 2018 (8,1 fois le produit intérieur net de l’année). La hausse du patrimoine a été de près de 5 % en 2019 (+4,8 % contre, contre +4,4 % en 2018). L’augmentation est largement liée à la valorisation des biens immobiliers et des valeurs mobilières. Les terrains bâtis ont connu une hausse de 6,6 %. En raison du rebond des cours des actions, le solde du patrimoine financier net s’établit à +125 milliards d’euros en 2019. Il est à noter qu’avec l’accroissement de l’endettement financier, le passif financier est aussi en hausse. 

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Plus de 12 500 milliards d’euros de patrimoine

Fin 2019, le patrimoine net des ménages s’établit à 12 561 milliards d’euros, soit 8,8 fois le revenu disponible net des ménages. La progression a été de 6,2 % en 2019, contre +2,1 % en 2018. L’augmentation du patrimoine des ménages est importante depuis les années 1990 où il représentait alors 4,5 fois leur revenu disponible brut. Pour mémoire, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le patrimoine correspondait à quelques mois de revenus. Le processus d’accumulation du capital généré par plusieurs décennies de forte croissance économique et la valorisation, depuis les années 1990, des actifs immobiliers et financiers expliquent cette évolution.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Un patrimoine majoritairement immobilier

Le patrimoine des ménages est avant tout immobilier avec comme élément principal, la résidence principale. 58 % des ménages sont propriétaires ou en cours d’acquisition de leur résidence principale. 

Le patrimoine non financier des ménages s’élevait, en effet, en 2019, à 8 451 milliards d’euros. En son sein l’immobilier représente 7 736 milliards d’euros, soit 61 % du patrimoine total des ménages. 

Près de 6 000 milliards d’euros de patrimoine financier

Le patrimoine financier brut des ménages était de 5 872 milliards d’euros en 2019. Le passif financier s’élevait à 1 762 milliards d’euros. Le patrimoine financier net était donc de 4 110 milliards d’euros, en augmentation de 10,4 % en 2019, après avoir baissé de 2,6 % en 2018.

Le numéraire et les dépôts (billets, pièces, dépôts à vue, comptes sur livrets, épargne réglementée, etc.) représentaient 1 650 milliards d’euros en hausse en 2019 de 5,8 %. Les actifs des ménages en assurance vie et épargne retraite (35 % de leurs actifs financiers totaux) ont fortement augmenté en 2019, +9,0 % après -1,1 % toujours en lien avec la forte appréciation des cours boursiers. Au passif des ménages, les crédits continuent de croître (+6,1 %, après +5,1 %), soutenus par la hausse des prix des logements (+3,8 %).

Les fonds propres des sociétés non financières en hausse

Fin 2019, la valeur nette des sociétés non financières (SNF) atteint 2 955 milliards d’euros. Le patrimoine non financier des SNF progresse au même rythme qu’en 2018 (+5,0 % après +5,1 %) et atteint 5 266 milliards d’euros. Cela s’explique principalement par le maintien de l’investissement dans la construction (+6,1 % en 2018 et 2019).

Les passifs financiers des sociétés financières en forte hausse

Fin 2019, le patrimoine net des sociétés financières s’élève à 577 milliards d’euros. Il baisse de 12,6 % après une hausse de 19,2 % en 2018. La hausse plus rapide des passifs financiers (+7,8 %) que des actifs financiers (+7,0 %) explique la dégradation de leur situation nette. Au total, l’encours des fonds propres s’élève à 3 270 milliards d’euros en 2019. Il progresse de 6,1 % après un net recul (-4,1 % en 2018).

Le patrimoine net des administrations publiques en hausse en 2019

Le patrimoine net des administrations publiques s’accroît de 10,3 % malgré la progression de leur endettement, pour atteindre 328 milliards d’euros fin 2019, sous l’effet conjoint de l’investissement en constructions et terrains bâtis et des valorisations boursières.

Le patrimoine et la crise sanitaire

Le rythme de constitution des dépôts bancaires par les ménages a fortement augmenté au cours du premier semestre 2020 (+112 milliards d’euros contre +62 milliards d’euros au premier semestre 2019). Pour l’ensemble de l’année, ces dépôts pourraient dépasser 200 milliards d’euros même si une baisse a été enregistrée entre les deux premiers confinements.

Après un arrêt de mars à avril, les ménages ont renoué avec les prêts bancaires à partir du mois de mai, notamment pour des achats immobiliers qui représentent 84 % des prêts souscrits. La capacité de financement des ménages (solde positif entre l’acquisition nette d’actifs financiers et l’accroissement net des passifs) a malgré tout fortement augmenté. Elle a atteint 139 milliards d’euros sur le premier semestre 2020 contre 65 milliards sur le premier semestre 2019. 

Les entreprises ont fortement recouru à l’endettement depuis le mois de mars aidé en cela par le lancement des prêts garantis par l’État. Le volume de prêts souscrits au cours du premier semestre a été de 190 milliards d’euros, contre +63 milliards au premier semestre 2019.

Cet endettement s’accompagne d’un accroissement de la trésorerie (dépôts et titres d’OPC monétaires) si bien que la dette nette au premier semestre est stable. Cette situation pourrait être amenée à évoluer assez rapidement en fonction de l’évolution de la crise sanitaire et économique. Elle est également trompeuse car de nombreuses entreprises ont bénéficié de reports pour le paiement des charges et des impôts. Le besoin de financement des sociétés non financières (solde négatif entre l’acquisition nette d’actifs financiers et l’accroissement net des passifs) a atteint fin juin 2020 -44 milliards d’euros, contre -15 milliards au premier semestre 2019.

Le patrimoine financier net des ménages et des entreprises devrait être peu touché par l’évolution des cours boursiers et du prix de l’immobilier. Les indices « actions » ont récupéré une grande partie voire la totalité, des pertes enregistrées au mois de mars. Les prix de l’immobilier restent globalement stables depuis le début de l’année. 

Cercle de l’Épargne – données Banque de France

Le deuxième semestre 2020 s’est caractérisé par le maintien d’un fort taux d’épargne. Les ménages n’ont pas puisé dans leur cagnotte « Covid » par crainte d’une perte de revenus ou d’emploi en 2021. Le Livret A a continué à enregistrer des flux positifs à l’exception du mois d’octobre. Il a ainsi bénéficié d’une collecte historique quand, dans le même temps, l’assurance vie connaissait sa deuxième décollecte nette annuelle après celle de 2012. Au total, les Français ont mis de plus de 200 milliards d’euros de côté. Les dépôts à vue et les livrets ont été les réceptacles de cette épargne subie et de précaution. La décrue de l’épargne « Covid » reste conditionnée par la normalisation de la situation sanitaire et économique ainsi que par la restauration de la confiance. Depuis vingt ans, à chaque crise, les ménages conservent des montants toujours plus élevés de liquidités. L’aversion aux risques tend à progresser avec la succession des crises et le vieillissement de la population. En 2021, si la vaccination donne des résultats probants, un petit vent d’euphorie pourrait survenir après l’été. Au-delà de la consommation, une partie de cette épargne devrait être réorientée vers des placements longs. 

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

3 questions à Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne

Après une année en enfer, quelles sont les perspectives économiques pour 2021 et les années à venir ?

L’année 2021 sera duale avec un premier semestre qui sera encore marqué par l’épidémie, quand le second devrait logiquement être celui de la sortie de crise. Compte tenu des incertitudes concernant l’ampleur des prochaines vagues, la réalisation de prévisions à court terme est un exercice des plus délicats. Jusqu’à l’été, les mécanismes de soutien public devraient rester importants quand dans la deuxième partie de l’année, les plans de relance devraient commencer à faire sentir leurs effets. Certains craignent que la normalisation de la situation sanitaire ne s’accompagne d’une augmentation du chômage qui serait provoquée par la faillite d’un grand nombre d’entreprises. En la matière, il convient d’être prudent. Nous n’avons pas connu une épidémie de cette ampleur depuis cent ans. Jamais, les États n’ont déployé autant de moyens pour limiter ses effets économiques. Il est donc difficile d’évaluer les conséquences de l’arrêt sur image que nous avons connu en 2020. D’autres pensent que la crise laissera des traces profondes et durables. Elle accélère la digitalisation des activités en particulier dans le commerce. Plusieurs secteurs d’activité seraient ainsi fragilisés. Le retour à la normale pourrait être long en particulier en ce qui concerne le tourisme. Ce secteur qui représente près de 9 % du PIB pour la France devrait retrouver un rythme normal de croisière d’ici 2023 si l’épidémie est jugulée. Pour de nombreux restaurants et hôtels ainsi que pour des commerces dépendant des touristes, les prochains mois seront délicats avec un risque évident de faillites quand les aides de l’État se raréfieront. Plus globalement, le commerce de détail, représentant 8 % des emplois en France, déjà en butte avec la forte concurrence de la vente en ligne avant la crise, devrait connaître une profonde mutation. Au niveau de l’industrie, les regards se focaliseront sur l’aéronautique et l’automobile. Ces deux activités sont tout à la fois confrontées à la crise sanitaire et à la transition énergétique. Pour l’aéronautique, après des années d’expansion, l’arrêt est brutal. Pour Airbus, l’épidémie a eu raison de l’A380 qui n’a jamais trouvé sa place en raison de sa forte consommation de kérosène et de sa taille inadaptée à la demande touristique. Les constructeurs automobiles, contraints par le durcissement très rapide des normes anti-pollution, électrifient leur gamme de voitures. Cette mutation change complètement les chaînes de valeurs et n’est pas sans conséquence pour les sous-traitants. 

Au-delà de ses conséquences, la diffusion progressive du vaccin devrait aboutir à l’abandon des phases de stop and go telles que nous les connaissons depuis le mois de mars dernier et faciliter la reprise de la consommation et de l’investissement. La question en suspens est celle liée à la capacité des États occidentaux à rebondir et à renouer avec une croissance forte et pérenne. Cela passe par une hausse des gains de productivité et une réelle restauration de la confiance. La crise peut créer un choc favorable à l’expansion ou au contraire accentuer la dépression économique que l’Occident connaît depuis dix ans. Le contexte international jouera un rôle important. L’arrivée de Joe Biden à la présidence des États-Unis, les élections législatives en Allemagne et la préparation de l’élection présidentielle française domineront l’actualité. Le nouvel exécutif américain renouera-t-il avec le multilatéralisme ? Fera-t-il plus de cas que son prédécesseur des alliés historiques de l’Amérique ? Théoriquement, la réponse est positive mais il convient de ne pas négliger les forces isolationnistes qui sont puissantes Outre-Atlantique. Par ailleurs, les États-Unis sont désormais entrés en concurrence avec la Chine. Dans ce cadre, l’Europe occupe une place moins importante qu’auparavant dans leur échiquier international. En ce qui concerne le Vieux Continent, le remplacement d’Angela Merkel qui est chancelière depuis le 22 novembre 2005 sera un moment clef de l’année. À la tête de la première puissance économique de l’Union européenne, elle a joué un rôle important dans l’élaboration d’un plan de soutien de nature fédérale auquel s’opposaient les États d’Europe du Nord. Si initialement elle était plus atlantiste qu’européenne, elle a choisi de défendre la construction européenne en raison de l’éloignement croissant des États-Unis et de l’importance économique du marché unique. À corps défendant, Angela Merkel a décidé d’occuper un rôle politique plus visible sur le terrain compliqué de la diplomatie européenne. La désignation pour la première fois d’une présidente allemande à la tête de la Commission de Bruxelles est tout un symbole. La poursuite de cette politique de défense de l’Europe ne devrait pas être logiquement remise en cause par son successeur qui a de fortes chances d’être issu de la CDU ou de la CSU. Néanmoins, en fonction de son profil, des inflexions sont à attendre. Tout dépendra également de l’évolution politique de la France et de l’Italie.

Avec une dette publique qui dépassera 120 % du PIB, une augmentation des prélèvements est-elle à court ou moyen terme incontournable ? Quelles sont les solutions imaginables afin d’assurer le remboursement de la dette ?

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, répète d’interview en interview que le gouvernement n’envisage aucunement de présenter des augmentations d’impôt afin de réduire le déficit public. En pleine crise sanitaire et économique, toute annonce fiscale aurait des effets négatifs en accentuant la dépression. L’expérience des années 2010/2014 reste dans les mémoires. La zone euro a alors connu une récession qui a contribué à la montée des mécontentements. Le calendrier électoral n’incite guère à recourir à cette arme, l’échéance présidentielle étant prévue pour 2022. La question du remboursement de la dette est conditionnée à la politique monétaire et au retour de la croissance. Un arrêt trop rapide du financement de la dette par la Banque centrale européenne pourrait conduire à des tensions sur les taux et à une mise sous pression des États à forts déficits. Les autorités européennes savent qu’elles se doivent d’éviter la répétition d’un scénario à la grecque dont l’ampleur serait bien plus grave car plusieurs États de taille importante pourraient être en première ligne. Le pilotage de la sortie de crise devra donc être fin. Il n’en demeure pas moins que la réduction des déficits devra être conduite ce qui supposera de facto une diminution des dépenses de soutien et une maîtrise budgétaire. La réalisation d’économies sera sans nul doute d’actualité. Or, elles ne pourront pas concerner la santé, la sécurité ou l’éducation. Les marges de manœuvre seront donc étroites. 

En matière de dettes publiques, certains se prononcent en faveur d’un effacement partiel quand d’autres estiment qu’elles peuvent être indéfiniment portées par les banques centrales. Une annulation de la dette détenue par les banques centrales n’est pas actuellement une option réaliste. En effet, elle serait synonyme de banqueroute partielle des États. Immédiatement, les investisseurs demanderaient des primes de risque supplémentaires pour continuer de prêter aux États. Elle serait susceptible de créer des tensions entre les États en fonction de leur niveau d’endettement. Cette annulation serait considérée comme une incitation au maintien de politiques budgétaires expansionnistes pouvant mettre en cause, à terme, la crédibilité de la monnaie. Ce problème se pose également avec la solution consistant à un portage indéfini par les banques centrales des créances publiques. Les banques centrales pourraient, en effet, continuer à racheter des obligations afin d’assurer le financement des États. Cette pratique aurait comme conséquence l’augmentation de la masse monétaire générant des bulles d’actifs et pouvant déboucher sur un processus inflationniste incontrôlé. Une réduction progressive des rachats d’obligation par la BCE sera une des conditions d’un retour aux règles économiques traditionnelles. Il en est de même avec les taux d’intérêt négatifs qui sont anormaux.

2020 a été l’année de l’épargne de précaution. En 2021, les ménages puiseront-ils dans leur cagnotte ou opteront-ils pour l’attentisme et la prudence ?

2020 a été une année d’épargne subie. Les ménages français ont mis de côté autour de 200 milliards d’euros, soit 70 milliards d’euros de plus qu’en 2019. Cette épargne a été constituée essentiellement durant les périodes de confinement. L’épargne, qui est une renonciation à la consommation, a alors pris tout son sens. Au mois d’avril, au cœur du premier confinement, la consommation a chuté de 30 %, en novembre, lors du deuxième confinement, elle a reculé de 15 %. À la fin du deuxième trimestre, le taux d’épargne a dépassé 26 % quand il s’élevait à 15 % au quatrième trimestre 2019. Après le premier confinement, il a baissé pour s’établir à 16,7 % fin septembre. Sans nul doute il est reparti à la hausse en novembre. Sur l’ensemble de l’année, le taux d’épargne devrait être proche de 20 %. Les ménages, s’ils ont ralenti leur effort d’épargne dans l’entre-deux confinements, n’ont pas pour autant puisé dans leur cassette « Covid-19 » pour consommer. Il n’y a pas eu de réelle décollecte. Les ménages ont opté pour la prudence en conservant un volume important de liquidités. La crainte du chômage et de la perte de revenus demeure importante. Tant qu’il n’y aura pas de normalisation tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique, les ménages conserveront en l’état leur épargne « Covid ». Lors des dernières crises, en 2009 ou en 2012, les ménages ont accru leur épargne de précaution, une fois celles-ci passées, l’épargne n’est pas revenue à son niveau antérieur. La succession rapide des crises incite les ménages à conserver une part plus importante d’argent liquide que dans le passé. L’aversion aux risques tend à augmenter. Elle est peut-être nourrie par la montée de la précarité avec le développement des CDD et de l’intérim, en particulier chez les jeunes actifs. Le vieillissement de la population est un autre facteur d’augmentation tendancielle de l’épargne en France comme au sein des autres pays européens. Avant même la crise sanitaire, le taux d’épargne était en augmentation malgré la forte baisse du rendement des placements de taux qui représentent plus de 60 % du patrimoine financier des ménages. Une réorientation de l’épargne vers des placements de long terme pourrait s’organiser avec la normalisation de la situation économique et sanitaire. La forte inquiétude des Français vis-à-vis de leur future retraite devrait par ailleurs les inciter à souscrire au nouveau plan d’épargne retraite qui a reçu, malgré un contexte peu porteur, un bon accueil en 2020. 

A lire dans le Mensuel de janvier 2021

Pourquoi l’inflation devrait rester modérée en 2021 malgré la reprise économique

Dans cet article du Monde consacré à l’inflation en 2021, le Directeur du Cercle de l’Épargne souligne que les forces déflationnistes « demeurent extrêmement importantes, au moins jusqu’en juin 2021« . Philippe Crevel rappelle également que « Le vieillissement de la population est par définition inflationniste ».

Opinion | Pandémie : les voies de l’optimisme

Malgré la pandémie et la poussée complotiste, l’année qui vient de s’achever fut l’occasion de belles avancées, écrit l’économiste Philippe Crevel. En évitant les pythies de mauvaise augure, 2021 sera le produit de notre travail et de notre volonté à nous en sortir.

Mais pourquoi les économistes (et les gouvernements) ignorent-ils le défi du vieillissement de la population ?

Alors que les économistes Charles Goodhart et Manoj Pradhan ont publié un livre sur le défi du vieillissement de la population (« Le grand retournement démographique »), ce sujet a-t-il trop longtemps été occulté par les gouvernements ? Quelles solutions s’offrent à nous pour affronter ce vieillissement de la population ?

Le Directeur du Cercle de l’Épargne Philippe Crevel nous apporte son éclairage sur ces enjeux.

Opinion | Démocratie et croissance sont-elles encore compatibles ?

Le déclin de la croissance économique remet en cause le mode de gouvernance des démocraties. Dans les prochains mois, elles ont tout intérêt à prouver leur résilience et leurs capacités de rebond, écrit l’économiste Philippe Crevel.

L’épargne des Français s’est maintenue à un niveau élevé durant le second confinement

Dans cet article notamment consacré à l’épargne des Français en novembre lors du second confinement, Les Échos Investir soulignent que Philippe Crevel explique dans un communiqué qu’ « Avec la proximité des fêtes, les paiements des impôts locaux et l’absence de primes, novembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A, […] Le deuxième confinement, avec une renonciation forcée à la consommation, explique la forte collecte nette. Avec la fermeture des commerces dits non essentiels et la limitation des déplacements, la consommation a baissé dégageant ainsi des marges en faveur de l’épargne. »

L’épargne des Français bat tous les records en 2020

Dans cet article consacré à la forte hausse de l’épargne des Français en 2020, le Directeur du Cercle de l’Épargne souligne que « Cette collecte abracadabrantesque marque la préférence absolue dans la liquidité et la sécurité ».

Le second confinement fait à nouveau exploser la collecte du Livret A

Dans cet article consacré notamment à la collecte du Livret A et du LDDS en novembre, le Directeur du Cercle de l’Épargne souligne que « D’ordinaire, ce mois-ci n’est pas très bon pour le Livret A, la collecte est souvent proche de zéro » et que « La proximité de Noël et les impôts locaux pèsent sur le portefeuille des ménages alors qu’il n’y a pas de prime. » Philippe Crevel ajoute que « Selon les premières données de l’Insee, la consommation n’a chuté que de 15 % lors de ce confinement contre 30 % la dernière fois ».

Livret A: la collecte nette rebondit à 2,4 milliards d’euros en novembre

Dans cet article consacré à la collecte du Livret A (collecte nette postive de 2,4 milliards d’euros en novembre 2020), le Directeur du Cercle de l’Épargne souligne qu’ «Avec la proximité des fêtes, les paiements des impôts locaux et l’absence de primes, novembre est traditionnellement un mauvais mois pour le Livret A», mais «pour 2020, le deuxième confinement, avec une renonciation forcée à la consommation, explique la forte collecte nette», 

Bonne ou mauvaise nouvelle ? Ce qui se passe vraiment quand les riches fuient les métropoles

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Explosion de la précarité : que faire pour aider chômeurs en fin de droit ou Français ayant perdu leurs revenus à cause du Covid ?

Le Directeur du Cercle de l’Épargne répond à trois questions d’Atlantico concernant l’explosion de la précarité en raison de la pandémie de Covid-19.

Votre banque a-t-elle encore intérêt à vous vendre un Livret A ou un PEL ?

Dans cet article consacré aux produits d’épargne réglementée, Philippe Crevel souligne notamment que « Le Livret A est un placement sûr et liquide, donc en période de crise c’est une valeur refuge classique au même titre que les comptes courants ».

Opinion | L’égalitarisme à la française, une obsession contreproductive

La demande d’égalité n’en finira jamais surtout en France où elle est un puissant moteur de l’action publique. L’égalitarisme aboutit, dans un Etat jacobin, à se muer comme une force de nivellement, regrette l’économiste Philippe Crevel.

L’épargne, la retraite et la dépendance face à la pandémie

2020, l’épargne dans tous ses états

Depuis le début de la crise sanitaire, les ménages mettent de l’argent de côté. Sur l’ensemble de l’année, ils devraient avoir mis de côté autour de 200 milliards d’euros, soit une soixantaine de milliards d’euros de plus qu’en 2019. Cette épargne covid est tout à la fois subie et de précaution, subie par incapacité de consommer, de précaution par peur des lendemains qui pourraient déchanter. Le taux d’épargne a ainsi atteint au cœur de l’année des niveaux sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Sur ce point, il était en hausse depuis 2018, certainement en raison de la succession de crises, gilets jaunes, réforme des retraites, etc. Le vieillissement de la population induit également une progression de l’épargne. Le taux d’épargne a, selon l’INSEE, atteint 26 % du revenu disponible brut au cours du deuxième trimestre 2020 lors du premier confinement. Avec le déconfinement intervenu en mai et le rebond économique, le taux d’épargne est revenu au cours du troisième trimestre 2020 à 16,5 %. Une remontée est à attendre sur le dernier trimestre même si en dépenses, les dépenses de consommation devraient être élevées. Sur l’ensemble de l’année, le taux devrait se situer autour de 20 %, ce qui n’avait pas été constaté depuis 1979. Les Français sont traditionnellement des épargnants. Durant les Trente Glorieuses, le taux d’épargne varie entre 15 et 20 %. Les Français mettent alors de l’argent de côté pour s’équiper en électroménager, acquérir une voiture ou acheter un logement. La pratique du crédit était à l’époque moins développée que maintenant. Dans les années 1980, le taux d’épargne a fortement chuté pour n’atteindre que 11 % au quatrième trimestre 1987 au moment du krach boursier. La chute de l’épargne intervient dans le cadre d’une période faste pour la consommation. Le taux d’épargne a commencé à augmenter à nouveau à partir de la fin des années 1980 avec la mise en œuvre des politiques de désinflation compétitive qui s’accompagnent d’une hausse des taux d’intérêt. Durant trente ans, le taux d’épargne a évolué entre 13,5 et 15 % du revenu disponible brut avant d’augmenter brutalement à cause de la crise sanitaire.

Au sommaire de l’étude : 

  • 2020, l’épargne dans tous ses États
  • L’épargne honteuse   
  • L’épargne, une véritable renonciation à la consommation
  • Les Français veulent rester liquides
  • 74 % des Français épargnent
  • Une préférence pour la liquidité absolue
  • Les Français sont collectivement fourmis
  • Le retour en grâce du livret A
  • Retraite, la réforme pourquoi pas mais sans toucher à l’âge
  • Retraite, plus de deux tiers des Français pensent que leur pension ne leur permet pas de vivre correctement
  • Épargner pour la retraite
  • La dépendance, un sujet de préoccupation de plus en plus important
  • Pour des contrats dépendance-complémentaires

La question sensible du niveau de vie des retraités

En France, la pension moyenne (y compris majorations et réversions éventuelles) de l’ensemble des retraités de droit direct, nette de prélèvements sociaux, s’élevait en 2018 à 1 537 euros par mois (1 304 euros pour les femmes et 1 810 euros pour les hommes). Elle varie en fonction des statuts occupés durant la vie active. Pour les fonctionnaires civils d’État, la retraite moyenne était de 2 250 euros par mois. Pour les fonctionnaires des collectivités locales et de la fonction publique hospitalière, ce montant était de 1 590 euros. Pour les salariés du régime général, la retraite moyenne est de 1 310 euros par mois.

En 2018, le niveau de vie médian des retraités était, toujours selon le COR, de 1 828 euros par mois et par unité de consommation, ce qui signifie qu’une personne à la retraite sur deux dispose d’un niveau de vie inférieur à ce montant. 10 % des retraités disposaient, par ailleurs, d’un niveau de vie inférieur à 1 103 euros par mois et par unité de consommation.

Les pensions représentaient, en moyenne, selon le COR, 64,5 % du revenu d’activité moyen de l’ensemble des personnes en emploi en 2018.

Pour apprécier le niveau de vie des retraités, il faut prendre en compte l’ensemble de leurs revenus, revenus financiers ainsi que les prestations sociales auxquelles ils ont le droit ainsi que leurs charges. Les revenus du patrimoine (avant prélèvements sociaux et fiscaux) représentent en moyenne 12,8 % des revenus des ménages de retraités (avant prélèvements sociaux et fiscaux), contre 6,1 % des revenus des ménages d’actifs et 8,1 % des revenus de l’ensemble des ménages. En 2018, le niveau de vie moyen des retraités s’élevait à 2 100 euros par mois et par unité de consommation. Selon les statistiques du COR publiées dans son rapport du mois de novembre 2020, ce niveau était de 2,9 % plus important que celui de l’ensemble de la population (100,7 % pour les femmes et 105,6 % pour les hommes). L’INSEE calcule de manière différente en intégrant les charges immobilières supportées par les ménages. Les retraités étant en plus grand nombre (plus de 75 %) propriétaires de leur résidence principale et ayant remboursé leurs emprunts, leur niveau de vie relatif est plus élevé de 9 % à celui de l’ensemble de la population.

Parmi les retraités, le niveau de vie est le plus élevé de 60 à 74 ans. Il est plus faible chez les retraités précoces (moins de 60 ans) et chez les plus âgés (75 ans et plus), où il est comparable ou plus faible que celui de l’ensemble de la population.

Les retraités Français, les mieux traités de l’OCDE

Les personnes de plus de 65 ans avaient en 2016, en moyenne dans l’OCDE, un niveau de vie correspondant à 87,4 % de celui de l’ensemble de la population. Les retraités français sont ceux qui ont le niveau de vie relatif le plus élevé 103,2 %. Le ratio est également très proche de 100 % en Italie. À l’inverse, il était le plus faible en Belgique, représentant alors seulement 79,7 % du niveau de vie de l’ensemble de la population.

Dans tous les pays, le niveau de vie moyen des plus de 75 ans est inférieur à celui des 66/75 ans. Le décrochage est faible au Japon (4 points) et en Allemagne (7 points), alors qu’il est important en Suède (29 points) et aux États-Unis (21 points). Le décrochage important dans ces deux pays s’explique par le maintien d’un fort taux d’activité jusqu’à 70 ans.

Niveau de vie des seniors rapporté au niveau de vie de l’ensemble de la population en 2016 dans différents pays de l’OCDE et repris par le COR

L’augmentation des pensions en question

La pension moyenne des retraités, exprimée en euros constants, augmente par effet de noria, avec le renouvellement de la population des retraités, les nouvelles générations qui prennent leur retraite ont en moyenne des pensions plus élevées que les générations les plus anciennes qui décèdent. L’effet de noria a joué pleinement ces dernières années avec l’arrivée à l’âge de la retraite de femmes ayant des carrières entières remplaçant des retraitées qui avaient peu cotisé et qui avaient donc de faibles pensions. Ce phénomène tend à s’estomper. Néanmoins, le niveau moyen des pensions a augmenté de 20 % de 1996 à 2018. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des pensions pour ceux qui ont liquidé leurs droits à la retraite tend à diminuer en raison de l’augmentation des prélèvements sociaux et des règles d’indexation. Par ailleurs, par le jeu des réformes des retraites et de la baisse du rendement des régimes complémentaires, pour les générations nées à partir de la fin des années 1940, la pension brute n’augmenterait que pour les femmes, elle baisserait légèrement, en revanche, chez les hommes.

Dans ce contexte, une rupture est intervenue en 2010. Avant, le niveau de vie moyen des retraités progressait régulièrement (+1,4 % en euros constants entre 1996 et 2010). Le niveau de vie moyen des retraités n’a quasiment pas évolué en euros constants entre 2010 et 2017 selon les enquêtes Revenus fiscaux de l’INSEE. Entre 2017 et 2018, il a baissé de 1,2 % en euros constants. Ce changement peut expliquer la véhémence des réactions au moment de l’augmentation de la CSG en 2018 qui faisait suite à plusieurs mesures fiscales qui ont touché les retraités.

La baisse du pouvoir d’achat est marquée pour les cadres du secteur privé qui sont affectés par la hausse de la CSG entre 1993 et 1997, ainsi qu’en 2018. Un retraité né en 1932 a subi, au bout de 28 ans de retraite, une perte de pouvoir d’achat de la pension de 14 %, dont une perte de 6,2 %. Les règles d’indexation pour les pensions de l’AGIRC (décalages de la date de revalorisation des pensions de base et mécanismes de sous-indexation par rapport à l’inflation) expliqueraient un peu moins de la moitié (44 %) de la perte de pouvoir d’achat du cadre né en 1932.

Dans les prochaines années, le niveau de vie relatif des retraités devrait passer en dessous de celui de la moyenne de la population. Ainsi, en 2030, il devrait être inférieur de 10 %.

Niveau de vie relatif des retraités par rapport à l’ensemble de la population et en fonction des hypothèses de croissance de la productivité

Sources: COR

Si à court terme, le niveau de vie des retraités s’est apprécié en valeur relative par rapport au reste de la population en n’étant pas soumis aux aléas de la conjoncture, l’accumulation des réformes adoptées depuis 1993 commence à se faire sentir et devrait aboutir dans les dix années à venir à un retournement complet de tendance. Les retraités qui, en moyenne, avaient un niveau de vie 10 points au-dessus de la moyenne seront dans dix ans, 10 points en dessous, toutes choses étant égales par ailleurs.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

À quel âge les Français partent à la retraite ?

Les Français sont fortement opposés à toutes mesures d’âge concernant le départ à la retraite. Une majorité relative souhaite, selon l’enquête que le Cercle de l’Épargne avait réalisée en 2019, même remettre l’âge légal à 60 ans.

Cercle de l’Épargne / Amphitéa / AG2R LA MONDIALE

L’âge de la retraite renvoie, en France, à plusieurs notions. Il faut distinguer l’âge légal qui est l’âge à partir duquel il est possible de partir à la retraite, de celui à taux plein, âge à partir duquel aucune décote n’est appliquée. Existe également l’âge de la mise à la retraite d’office qui est, en France, pour les salariés du régime général fixé à 70 ans. De son côté, l’âge effectif de départ à la retraite correspond à l’âge moyen de liquidation des droits. Ce dernier a connu des variations importantes depuis 50 ans. Si dans les années 1970, les dispositifs de préretraite se sont multipliés, depuis les années 1990, la tendance est au report de l’âge effectif que ce soit par l’allongement de la durée de cotisation, l’application de décote et de surcote ainsi que par le report de l’âge légal. Le recours assez important aux départs anticipés entre 2004 et 2008 a néanmoins retardé les conséquences de ces réformes sur cet âge.

Dans le secteur privé, l’âge effectif de départ à la retraite, des nouveaux retraités, est passé de 63,8 ans en 1963 à 61 ans en 2008 avant de remonter et de s’établir à 62,7 ans en 2018. L’âge effectif de départ à la retraite est en augmentation continue depuis l’entrée en vigueur de la loi du 9 novembre 2010 qui a porté l’âge légal de 60 à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans. 73 % des assurés de la génération 1951 étaient déjà retraités à 61 ans, contre seulement 34 % de ceux nés en 1955. Les départs à 60 ans sont de plus en plus rares au profit de ceux intervenant après 61 ans jusqu’en 2016, puis 62 ans après 2016. Les retraites anticipées pour carrière longue permettent toujours à 9,5 % des femmes et 20,5 % des hommes de partir à 60 ans en 2018.

Parmi les assurés ne bénéficiant pas de mesures particulières, une convergence des âges de départ à la retraite est constatée autour de 62 ans pour les femmes et 61,5 ans pour les hommes. Dans les régimes spéciaux pour lesquels une partie des assurés est éligible à un départ anticipé, les âges de départ des générations récemment parties à la retraite sont en hausse, à 60 ans environ pour la fonction publique (catégories actives et sédentaires) et à 56 ans pour la Caisse nationale des industries électriques et gazières ou la SNCF.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

Retraites, la réforme et les déficits

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a indiqué à l’occasion d’une interview au Parisien, publiée samedi 28 novembre, qu’il avait « la conviction forte » que la réforme des retraites devait être « la priorité absolue ». Cet avis ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a, ainsi, déclaré, « La priorité absolue, c’est de sortir de la crise sanitaire, économique, sociale, de protéger les emplois, c’est l’avis unanime des partenaires sociaux ». Cette position est également partagée par le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, qui a indiqué « qu’il me semble qu’il faut mettre les choses dans l’ordre dans lequel elles ont été prévues ». Au mois de juillet dernier, le président de la République avait clairement pris le parti de la poursuite de la discussion du projet de loi tout en soulignant qu’il était nécessaire de prendre en compte le contexte. Le Premier ministre, tout juste désigné par le président de la République, avait tout à la fois confirmé le principe d’une réforme tout en reportant sa discussion en 2021 avec à la clef la réouverture d’une concertation avec les partenaires sociaux. La conférence sur l’équilibre et le financement des retraites était censée remettre ses conclusions en avril dernier ; conclusions visant à offrir des solutions alternatives au recours à l’âge pivot. Le confinement a eu raison de cette conférence dont les travaux sont toujours en suspens.

Deux objectifs aux avenirs incertains

La réforme des retraites version 2019 visait avant tout à unifier les 42 régimes de retraite en créant un système universel par points. Ce changement de mode de calcul reprenait la promesse du président de la République, un euro cotisé donne les mêmes droits pour tous. Cette formule a rencontré, durant la campagne électorale, l’assentiment de l’opinion publique. La longue maturation de la réforme a entraîné la cristallisation des oppositions. Au fur et à mesure des annonces, celles-ci se sont multipliées au point que même les catégories censées être avantagées par la réforme, les femmes et les personnes à revenus modestes, se sont retournées. Le blocage est intervenu quand le gouvernement décida d’adjoindre à la réforme structurelle un objectif de court terme avec un retour à l’équilibre des comptes en 2025. La proposition de retenir un âge pivot à 64 ans mit le feu aux poudres avec notamment le passage de la CFDT ardente défenseuse du régime par points dans le camp des opposants.

Le 21 novembre 2019, le Conseil d’orientation des retraites (COR) avait estimé que le déficit des régimes de retraite pourrait se situer entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en 2025, justifiant l’adoption de mesures de rééquilibrage. Un an plus tard, le contexte est tout autre. Le quasi-équilibre attendu pour 2020 s’est transformé, avec la survenue de l’épidémie, en un solde négatif de 23,5 milliards d’euros. Cette dégradation est la conséquence de la baisse des ressources provoquée par la diminution du nombre d’emplois et par le chômage partiel.

Le déficit devrait se réduire fortement en 2021 avec le rebond économique autour de dix milliards d’euros avant de progresser à nouveau à partir de 2022 en raison de l’évolution des dépenses et d’une moindre progression des recettes.

Dépenses, ressources et solde du système de retraite à l’horizon 2024 en milliards d’euros

Selon le Conseil d’orientation des retraites, le solde serait négatif jusqu’en 2030 entre 0,3 et 0,4 % du PIB, le retour vers l’équilibre interviendrait progressivement pour être total quelles que soient les hypothèses de croissance en 2070. Sur le long terme, l’impact de la crise serait relativement minime, les moins-values de recettes étant en partie compensées par une diminution des pensions à délivrer. Le ralentissement économique réduira le montant des pensions qui sont calculées à partir des salaires ou des revenus professionnels.

Pour le Conseil d’orientation des retraites, le déficit des régimes vieillesse est avant tout de nature comptable. Une augmentation des effectifs des fonctions publiques pourrait aboutir à augmenter les recettes et à rétablir l’équilibre. Le bouclage passe alors par l’impôt.

Le gouvernement s’est, pour le moment, interdit d’augmenter les impôts afin d’éviter un effet récessif supplémentaire. Il a décidé de transférer la dette sociale générée notamment par la crise sanitaire à la CADES, dans une limite de 136 milliards d’euros. En 2020, plus de 52 milliards d’euros pourraient être affectés à la CADES. Il pourrait être néanmoins tenté de présenter des mesures de rééquilibrage afin de prouver son sérieux au niveau des finances publiques. De telles mesures risquent d’être fort impopulaires et délicates à mettre en œuvre compte tenu de la proximité croissante de l’élection présidentielle. Le gouvernement pourrait évidemment jouer sur la durée de cotisation et accélérer la réforme Touraine qui prévoyait de la porter à 43 ans pour la génération 1973. L’autre voie serait de faire fi de l’équilibre conjoncturel pour obtenir l’adoption de plusieurs mesures liées à la réforme structurelle. La création de la Caisse du régime universel ainsi que le relèvement du minimum contributif à 1 000 euros pourraient être institués tout comme la réforme de la réversion. Un nouveau calendrier pour l’instauration du système par points pourrait être ébauché. La fenêtre de passage de la réforme n’en demeure pas moins très étroite, entre l’épidémie qui risque encore d’occuper le cœur de l’actualité jusqu’à la fin de 2021 et les élections, régionales, départementales, présidentielles et législatives.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

Le rapport des Européens et des Asiatiques à l’ESG diverge fortement de celui des Américains

Les critères en matière environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont aujourd’hui centraux pour la gestion d’actifs. Ces critères peuvent être par exemple pour l’environnement l’empreinte carbone ou la gestion des déchets, pour le social l’emploi des personnes handicapées et pour les aspects de gouvernance la lutte contre la corruption.

Les résultats de récentes études de Morningstar et de RBC Global Asset Management nous montrent que l’intérêt pour les fonds ESG est bien plus fort en Europe qu’aux États-Unis.

Dans un contexte de forte croissance en 2020 de l’ESG pour la gestion d’actifs, l’Europe reste le continent le plus en avance dans ce domaine

L’ESG est avant tout un mouvement européen. D’après des données de Morningstar, 82 % des actifs gérés étaient concentrés en Europe à la fin du mois de septembre 2020 contre seulement 14,2 % aux États-Unis. En Europe, la gestion active domine la collecte pour l’ESG alors qu’aux États-Unis, c’est la gestion indicielle qui est majoritaire.

L’ESG a connu une forte dynamique de croissance en 2020. Selon Morningstar, l’encours des fonds ESG ouverts commercialisés en Europe était à la fin du troisième trimestre 2020 de 882 milliards d’euros soit une hausse de 41 % en un an. Une grande partie de cette croissance s’explique par des conversions de fonds classiques aux critères ESG. À noter que les stratégies actions correspondent à 58 % de la collecte ESG de début janvier à fin septembre 2020.

Une forte dualité entre les continents dans le rapport à l’ESG

RBC Global Asset Management a publié en octobre les résultats 2020 de son enquête annuelle auprès des professionnels de la finance sur la finance responsable. 800 personnes ont été questionnées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Les Américains apparaissent plus sceptiques pour ce qui est de la croyance en la possibilité d’une surperformance des portefeuilles intégrant l’ESG par rapport à des portefeuilles n’intégrant pas l’ESG. Quand seulement 28 % des Américains pensent que les portefeuilles intégrant l’ESG surperformeront en 2020, le chiffre est de 68 % pour les Européens et de 63 % pour les Asiatiques.

La différence est aussi importante quant à la croyance dans une réduction des risques par le biais d’une approche ESG. En effet, 53 % des Américains pensent en 2020 que les portefeuilles intégrant l’ESG permettent de réduire les risques contre 85 % des Européens et 65 % des Asiatiques.

Enfin, le niveau d’adoption des critères ESG est plus élevé en Europe et en Asie qu’aux États-Unis, avec respectivement 94 et 72 % des investisseurs institutionnels européens et asiatiques qui utilisent les critères ESG dans leurs prises de décision contre 65 % des Américains en 2020.

Conclusion

Dans ce contexte, l’harmonisation des normes européennes en matière d’information extra-financière est fondamentale. Le Groupe consultatif pour l’information financière en Europe (EFRAG) travaille actuellement sur le sujet.

Alors que l’administration Trump avait freiné l’inclusion de l’ESG dans les produits d’épargne retraite, l’arrivée de l’administration Biden pourrait permettre de développer la gestion responsable aux États-Unis. Il est toutefois impératif que l’Union européenne évite de se faire imposer des normes américaines sur le sujet.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

Les cryptomonnaies, mirage ou eldorado ?

Le cours du bitcoin avoisine actuellement les 20 000 dollars sur les plateformes qui permettent d’en acheter. La flambée actuelle de la reine des cryptomonnaies diffère de celles de 2017, qui avait permis au bitcoin d’atteindre les 19 500 dollars le 18 décembre 2017 avant de voir son cours chuter.

Le Bitcoin attire aujourd’hui davantage des investisseurs de long terme, comme des banques privées et des family offices, qu’en 2017. L’achat de bitcoins par des investisseurs institutionnels se développe. Le trust américain Grayscale, qui est connue pour ses achats de bitcoins pour de multiples investisseurs institutionnels, a ainsi annoncé mi-novembre 2020 qu’il gérait plus de 10 milliards de cryptomonnaies pour le compte de ses clients.

Des analystes de banques d’investissement comme JPMorgan comparent actuellement le bitcoin à l’or. Ces deux actifs n’existent qu’en quantité limitée et ne sont pas un moyen de paiement pratique. Le bitcoin représente en volume actuellement 3 % du marché mondial de l’or.

L’Iran pourrait développer son utilisation du Bitcoin pour tenter de contourner les sanctions américaines. Pour contrecarrer l’essor des cryptomonnaies privées, les banques centrales travaillent à la mise en œuvre également de monnaies électroniques.

Le bitcoin est actuellement la cryptomonnaie la plus importante et la plus connue du monde

Dans son livre « Un privilège exorbitant » publié en 2010, l’économiste Barry Eichengreen explique que le dollar, qui correspondait fin 2017 à la monnaie d’environ 63 % des avoirs des banques centrales et de 85 % des transactions sur le marché des changes, reste nettement la devise la plus importante du monde en raison de l’absence de véritable rival. Cet ouvrage a été publié un an après la création du Bitcoin à un moment ou les cryptomonnaies étaient confidentielles. Il existe aujourd’hui plus de 1 500 cryptomonnaies comme le Bitcoin, l’Ethereum ou le Litecoin. Mais leur niveau de liquidité diverge fortement. En effet, certaines cryptomonnaies sont peu liquides, la preuve en est qu’il est nécessaire pour nombre d’entre elles d’être converties en cryptomonnaies liquides, comme le Bitcoin, pour pouvoir ensuite obtenir des euros ou des dollars.

Avec une capitalisation actuelle du bitcoin d’environ 300 milliards d’euros, le bitcoin est la plus importante et la plus connue des cryptomonnaies. D’après une étude de l’université de Cambridge parue fin septembre 2020, il y a plus de 100 millions d’utilisateurs du Bitcoin dans le monde. Environ 18,5 millions de bitcoins sont actuellement en circulation. Le nombre de bitcoins en circulation est plafonné à 21 millions. Le fait que la masse monétaire soit prédéterminée est un distinguo important par rapport aux devises classiques ; la fluctuation de leur masse monétaire étant un outil important des politiques monétaires des banques centrales.

En octobre 2020, la décision de PayPal de permettre à ses utilisateurs américains d’utiliser le Bitcoin a engendré un envol du cours du Bitcoin. Les utilisateurs américains peuvent dorénavant acheter, conserver ou vendre des cryptomonnaies via PayPal. Dès début 2021, les 350 millions de clients PayPal pourront potentiellement utiliser leurs cryptomonnaies comme une source de paiement auprès des 26 millions de commerçants du réseau PayPal.

La monnaie numérique de Facebook devrait être lancée début 2021

La monnaie numérique de Facebook, qui se dénommait initialement le Libra, devrait être lancée en janvier 2021 dans une version limitée. Elle ne devrait être au départ qu’un jeton virtuel adossé au dollar et non pas un panier de devises comme initialement programmé. Le projet est dirigé par une association dont le siège est en Suisse. Le fonds souverain de Singapour Temasek a rejoint le projet.

L’association Libra a annoncé le 1er décembre 2020 le changement de nom de l’association et de la cryptomonnaie au cœur de son projet. L’association Libra devient l’association Diem et la cryptomonnaie le Diem.

Le Diem permettra au départ de payer les services de membres de l’association Libra comme Uber, Spotify ou Iliad. Le Libra sera donc loin d’être un système monétaire alternatif. Il sera aussi possible d’utiliser cette cryptomonnaie via les différentes plateformes du groupe Facebook.

Depuis un an et demi, le projet de Facebook fait l’objet d’importantes pressions de la part des pouvoirs publics qui craignent notamment que le Diem contribue au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale ou au financement du terrorisme. Ces craintes et ces pressions ont conduit PayPal, Visa, MasterCard, eBay et Stripe à se retirer du projet en octobre 2019.

Le lancement du Diem début 2021 reste toutefois suspendu à l’obtention d’un feu vert de la Finma, l’autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers.

Les monnaies électroniques de banque centrale permettent l’affirmation de la souveraineté

La Banque des règlements internationaux (BRI) a révélé dans une étude de janvier 2020 que 80 % des banques centrales développent une Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) et que 10 % réalisent déjà des tests pilotes. Ces projets numériques diffèrent des cryptomonnaies classiques étant donné que leur diffusion est contrôlée par des banques centrales.

Le gouverneur de la banque d’Angleterre Mark Carney a soutenu en août 2019 à Jackson Hole qu’une cryptomonnaie soutenue par plusieurs nations « peut-être à travers d’un réseau de devises digitales de banques centrales » pourrait supplanter à terme le dollar.

Selon le Fonds monétaire international, l’une des principales raisons pour lesquelles les économies avancées se dirigent vers des monnaies numériques contrôlées par les banques centrales est de contrer la croissance des formes privées de monnaie numérique.

En Europe, la Suède a commencé à tester une monnaie numérique en février 2020 et la Banque de France mène depuis juillet 2020 des expérimentations de monnaie digitale dans les règlements interbancaires avec les acteurs de l’industrie financière.

La BCE a lancé en octobre 2020 une vaste consultation pour déterminer les caractéristiques d’un possible futur euro numérique. Depuis le 12 octobre, des « citoyens, le monde universitaire, le secteur financier et les autorités publiques » sont ainsi sondés sur le sujet. Cette consultation prendra fin mi-janvier 2021. Des expérimentations seront ensuite menées pendant 6 mois avant une décision quant au lancement de l’euro numérique vers la mi-2021. La mise en œuvre potentielle devrait par la suite prendre « entre 18 mois et jusqu’à 3 ou 4 années ».

L’euro digital serait un autre moyen d’émission de l’euro. Il se développerait en parallèle des pièces et billets, qui n’ont pas vocation à être supprimés, mais qui sont en légère perte de vitesse. Les paiements en espèces ont représenté 73 % des transactions effectuées dans la zone euro en 2019 contre 79 % en 2016.

La BCE a assuré que ce système serait sans risque pour les citoyens. L’euro numérique pourrait reposer sur la blockchain, qui est déjà utilisée par beaucoup de cryptomonnaies. La blockchain est un grand livre des comptes incorruptible qui peut potentiellement être utilisé par tous les détenteurs d’ordinateurs. Toutes les lignes sur ce livre de comptes informatique sont consultables par tous. Il est impossible de supprimer une ligne. À chaque transaction d’un titre de propriété, tous les ordinateurs participant au réseau font des calculs aléatoires et le premier mineur à valider la transaction la place dans un bloc de données cryptées qu’il ajoute à la chaîne des blocs précédents. Il est quasiment impossible pour une personne malveillante de pirater le livre, car il n’est pas possible de modifier un bloc au sein de la chaîne sans refaire tous les calculs nécessaires à la validation.

Pour pallier le risque de fuite massive des épargnants vers cette nouvelle forme de monnaie, la BCE pourrait proposer de limiter le nombre d’euros numériques en circulation. Les dépôts en monnaie numérique pourraient aussi être concernés par le taux négatif de (-0,5 %) actuellement en vigueur.

La Chine teste quant à elle depuis mai 2020 sa monnaie numérique de banque centrale à Shenzhen et dans trois autres villes. Le nom provisoire de cette devise est la Digital Currency Electronic Payment (DCEP). Ce yuan digital pourrait fournir en données le système de crédit social établi par le gouvernement chinois. À l’heure actuelle, plus de 85 % des transactions sont dématérialisées en Chine selon le Center for Strategic and International Studies. Les modes de paiement numériques sont contrôlés par des acteurs privés comme Tencent et Alibaba qui contrôlent respectivement WechatPay et Alipay.

Le Japon a aussi annoncé le 19 novembre 2020 qu’il allait entamer en 2021 une expérimentation de sa propre cryptomonnaie. Une trentaine d’entreprises sont impliquées dans ce projet de Central bank digital currency. Au Japon, les paiements numériques ne représentent qu’environ 20 % des paiements.

La nécessité d’une régulation pour limiter les dérives des cryptomonnaies

Les cryptomonnaies sont à l’origine d’importantes arnaques. L’anonymat de certaines cryptomonnaies encourage de nombreux criminels, voire des terroristes, à y avoir recours pour financer certaines de leurs activités. Les cryptomonnaies offrent aussi des possibilités en matière de blanchiment et d’évasion fiscale. Ces phénomènes ont conduit la Corée du Sud à interdire les cryptomonnaies anonymes (comme Monero ou Dash) à partir de mars 2021.

Comme le souligne Le Monde dans le cadre des révélations sur son enquête avec un consortium international de journalistes (dirigé par le quotidien suédois Dagens Nyheter et le réseau de journalistes Organized Crime and Corruption Reporting Project), une opération commune d’enquêteurs français, belges et israéliens encadrée par Eurojust a permis de démanteler à la fin du mois de janvier 2020 une importante escroquerie internationale de faux placements en bitcoins. Cette escroquerie a fait 85 victimes en France et en Belgique pour un préjudice total de 6 millions d’euros. D’après des chiffres communiqués par le régulateur britannique, la Financial Conduct Authority (FCA) et Action Fraud, 81 % des arnaques et escroqueries sur les devises ont concerné les cryptomonnaies entre le premier trimestre de 2018 et 2019.

Les fraudes liées aux cryptomonnaies ont entraîné des évolutions juridiques en France. Depuis la loi Sapin 2 de 2016, la publicité pour de nombreux produits à risque est interdite en France. Les courtiers en ligne sur les options binaires, les CFDs ou le Forex sont ainsi interdits de publicité. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a jugé en 2018 que l’offre de dérivés sur les cryptomonnaies nécessite un agrément. Dès lors, la loi Sapin 2 concerne ce type de produits, qui ne peuvent faire l’objet d’une publicité par voie électronique.

La loi Pacte de mai 2019 a aussi fait évoluer le régime juridique pour les cryptomonnaies. L’AMF est dorénavant compétente pour délivrer un visa optionnel pour une levée de fonds en cryptomonnaie. Ce visa est nécessaire pour permettre de démarcher le grand public lors de levées de fonds. Afin d’obtenir ce type de visa, l’émetteur doit notamment réaliser un document d’information complet et compréhensible pour les investisseurs.

Par ailleurs, la Commission européenne travaille sur un projet de régulation européenne sur la blockchain et les cryptomonnaies. L’un des objets de ce texte sera de proposer un cadre harmonisé pour les différents États membres de l’Union européenne.

Enfin, la cinquième directive européenne contre le blanchiment d’argent est entrée en vigueur pour les États membres le 10 janvier 2020. Elle a été transposée en droit interne français par une ordonnance du 12 février 2020. Grâce à cette directive, la réglementation européenne en matière de lutte contre blanchiment et le financement du terrorisme est désormais applicable aux prestataires de services d’achat-vente de cryptomonnaies.

Conclusion

Même si les fondements de la flambée en 2020 des cours du bitcoin semblent plus solides que pour celle de 2017, les risques engendrés par cette nouvelle forme de monnaie restent nombreux. L’anonymat qui caractérise de nombreuses cryptomonnaies incite certains acteurs à utiliser ces dernières dans le cadre d’activités illégales.

La montée en puissance des cryptomonnaies, tant d’initiative privée que publique, est toutefois inexorable.

Le développement probable de l’euro digital par la BCE sera intéressant à suivre. Cette monnaie numérique devra répondre à de forts impératifs de sécurité. L’euro numérique devra aussi être bien moins volatil qu’une cryptomonnaie classique.

Dans le passé, la cohabitation de plusieurs monnaies a toujours été un exercice délicat. Avec les changes flottants, les monnaies évoluent en fonction de l’offre et de la demande en prenant en compte la vitesse de circulation. Les politiques expansionnistes ont mis fin aux thèses monétaristes en vertu desquelles l’augmentation de la masse monétaire était affichée par la banque centrale sur moyenne période en retenant des critères de prix et implicitement de croissance. La multiplication de la base monétaire par vingt en moins de vingt ans pourrait avoir à terme des conséquences sur la valeur des monnaies. La création des monnaies digitales reposant sur les techniques de blockchain pourrait apparaître pour les banques centrales comme un moyen de reprendre la main sur la création monétaire qui appartient, de fait, désormais aux administrations.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

3 questions à : Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l’Épargne

1) L’année 2020 aura été marquée par trois mois de confinement, avec à la clef un recul du PIB qui pourrait atteindre dix pour cent ; la dette publique devrait se rapprocher de 120 % du PIB. Quelles seront les conséquences à moyen et long terme de cette situation sans précédent en temps de paix ?

La crise économique provoquée par la crise sanitaire est une première. Dans le passé, nous avons connu des crises immobilières, des crises boursières ou des crises bancaires, des crises d’offre ou de demande. La spéculation, les déséquilibres entre offre et demande aboutissent, à un moment donné, à un ajustement brutal pouvant donner lieu à une récession. La crise actuelle ne s’apparente pas également à celles qui ont été provoquées par des guerres. Elle est la conséquence d’une décision volontaire des pouvoirs publics de préserver la vie de leurs concitoyens. Il n’y a pas de destruction de capital physique, à la différence des périodes marquées par des conflits militaires. Nous manquons donc de précédents pour apprécier les capacités de réaction de l’économie face à un ou plusieurs confinements. L’absence de retours d’expériences est d’autant plus réelle que les gouvernements ont mis en œuvre des politiques de soutien inédites afin de limiter les effets de la mise à la cape des économies. Les plans de soutien sont, en 2020, de 50 à 100 % plus élevés qu’en 2008 lors de la crise des subprimes. Au sein des pays dits avancés, les revenus des ménages ont été globalement assurés. La perte, en France, est imitée à 5 %. Ce soutien a un coût, une dette accrue de 20 points de PIB.

Les mesures gouvernementales ont permis une reprise assez rapide des activités après le premier confinement, du moins pour les secteurs d’activité qui n’étaient pas exposés à des restrictions. La consommation a retrouvé son niveau d’avant crise en quelques semaines. Les services, l’investissement et le commerce extérieur sont en retrait. Leur évolution dépendra de l’évolution de l’épidémie. Celle-ci rend complexe l’élaboration de prévisions pour 2021. Ce qui est certain, c’est que la deuxième vague aura un effet négatif sur l’activité, mais son ampleur sera moindre que celle constatée au printemps lors de la première vague. Le recul de la consommation a été évalué à 15 % en novembre contre 30 % en avril dernier pour la France. L’économie tend à s’adapter à la nouvelle donne sanitaire. Ce phénomène est constaté à l’occasion de chaque épidémie, que ce soit celle du choléra en 1832 ou celle de grippe en 1918. Il n’en demeure pas moins que la survenue d’une troisième vague dans les premiers mois de 2021, vague loin d’être improbable, freinera la reprise et minera tout à la fois le moral de la population et les fondamentaux économiques. L’année prochaine, une course de vitesse s’engagera entre les vagues de covid-19 et la vaccination. Cette course de vitesse se mènera au sein de chaque pays, mais aussi entre pays. Le rebond du secteur aérien et celui du tourisme passent par un effort sans précédent de vaccination à l’échelle mondiale. L’instauration d’un passeport sanitaire est prévisible avec des conséquences sur la liberté de circulation, telle que nous l’avons connue depuis de nombreuses décennies.

2) Est-il possible de mener de front, sortie de crise et transition énergétique ?

La crise bousculant les fondamentaux des économies conduit à un retour massif de l’interventionnisme étatique. Les gouvernements, compte tenu de la mise entre parenthèses des règles de bonne gestion publique, veulent en profiter pour accélérer leur programme de transition énergétique. Ils sont évalués pour les grands États à plusieurs milliers de milliards de dollars. Compte tenu de son coût, elle contribue à peser négativement sur la croissance. En renchérissant le prix de l’énergie et le coût des investissements, elle réduit potentiellement le niveau de vie des ménages et diminue la rentabilité du capital, du moins à court et moyen terme. L’association sortie de crise et transition énergétique est séduisante sur le papier, mais pas sans risque. En revanche, en économie, il est dangereux d’allouer à un même instrument plusieurs objectifs, le risque étant qu’il n’en atteigne aucun. La priorité pour l’opinion publique est le maintien de l’emploi et des revenus. Certes, une partie de celle-ci estime qu’il est possible de refonder sur l’économie sur de nouvelles bases avec cette crise sanitaire. À cette fin, les gouvernements devront mener un ardent travail de pédagogie faute de quoi les populations pourraient à un moment donné considérer que le prix de la transition énergétique est trop élevé au regard des résultats qui mettront longtemps à se faire ressentir. Les restrictions de liberté que la crise sanitaire impose sont de plus en plus mal acceptées en France comme ailleurs. Il n’est pas impossible que le rejet des contraintes concerne toutes les politiques publiques. Une culpabilisation importante des consommateurs au nom de la protection de la planète pourrait avoir des effets négatifs sur la croissance et donc sur l’emploi. Un juste équilibre devra donc être trouvé !

3) Avec le deuxième confinement, l’épargne des ménages reste orientée en hausse. Comment en 2021, cette cassette évoluera-t-elle ?

Le taux d’épargne des ménages est passé de 15,1 à 26,7 % du revenu disponible brut du quatrième trimestre 2019 au deuxième trimestre 2020. Le premier confinement marqué par une chute de la consommation de 30 % entraînant une montée de l’épargne. Si au troisième trimestre, les ménages ont réduit leur effort d’épargne, ils n’ont pas, en revanche, puisé dans leur bas de laine pour consommer. Le taux d’épargne est revenu à 16,5 % du revenu disponible brut. Le deuxième confinement n’aura pas le même effet sur l’épargne. En effet, la consommation n’a baissé que de 10 à 15 %. Le taux d’épargne a dû remonter autour de 20 % qui devrait être le taux moyen de l’année. Pour 2021, il est, une fois de plus, difficile de réaliser des prévisions. La décrue de l’épargne covid-19 sera, sans nul doute, longue, étant donné que le virus devrait sévir sur l’ensemble de l’année. Tout dépendra évidemment de la diffusion des vaccins et de leur efficacité. Le retour de la confiance devrait s’accompagner d’un mouvement favorable de la consommation. Un élément sera, en la matière, déterminant, pour la possibilité ou non de voyager. Dans tous les cas, comme lors des précédentes crises, l’encours de l’épargne restera plus élevé qu’avant la crise. Les ménages ont tendance à détenir des volumes plus importants d’encours d’épargne de précaution. Ce comportement peut s’expliquer par la succession rapide de crises ces vingt dernières années et par le vieillissement des populations. L’aversion aux risques croissante contribue à la hausse du taux d’épargne au sein des pays de l’OCDE. La transformation d’une épargne de court terme en une épargne de long terme investie sur des supports destinés par exemple au financement de la retraite, sera sans nul doute une priorité des prochaines années.

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

« Pour vivre heureux, faut-il toujours vivre caché et modeste ? ».

Aujourd’hui, le patrimoine, l’épargne sont suspects. Pour autant, jamais les Français n’ont été aussi riches de leur histoire, plus de 11 000 milliards d’euros. Ce patrimoine est composé pour les deux tiers de biens immobiliers. Les placements financiers représentent plus de 5 400 milliards d’euros de placements financiers. Les Français comptent, en Europe, parmi les épargnants les plus assidus ; en revanche, les révélations concernant le patrimoine de telle ou telle personne tournent vite à une mise en accusation. Si en outre, les personnes concernées sont des femmes et des hommes politiques, elles sont par nature coupables d’enrichissement indu. La France, pays de la liberté, des droits de l’homme, a imposé un régime de voyeurisme sans limite au nom de la transparence. La conséquence est que pour faire de la politique, il faut surtout ne pas avoir eu de vie avant, être pauvre et le rester. Il ne faut pas s’étonner que les talents, les diplômés se détournent de la vie publique. La France pratique ainsi le nivellement par le bas au nom d’un égalitarisme qui est dans les faits peu démocratique. La République devrait se féliciter que des avocats talentueux, des chefs d’entreprise, des artistes consacrent du temps à la chose publique, sachant qu’ils y ont plus à perdre qu’à y gagner sur le plan financier. Cette phobie du patrimoine dépasse la vie politique française. Avec la crise sanitaire, certains rêvent de réintroduire feu l’ISF, d’autres d’instituer un impôt pour astreindre les ménages qui ont osé se constituer un bas de laine depuis le début de la crise covid. Selon le dernier sondage du Cercle de l’Épargne – Amphthéa – AG2R LA MONDIALE, 22 % des Français déclarent avoir épargné plus, mais ils sont 56 % à affirmer que les Français ont beaucoup épargné depuis le début de la crise. En deux mots, ce sont les voisins qui ont épargné. Il ne faut surtout pas indiquer même à un institut de sondage que de l’argent a été mis de côté. Cela pourrait attirer le mauvais œil et générer bien des jalousies. L’épargne qui était autrefois louée, est ainsi aujourd’hui vilipendée. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’épargne, pour financer les déficits publics, pour renforcer les fonds propres de nos entreprises, pour moderniser nos infrastructures et pour améliorer nos retraites. Nous devrions nous féliciter de la réussite de nos voisins, de nos entrepreneurs voire de nos hommes et femmes politiques. Pourquoi seuls les footballeurs dont certains ont un véritable talent seraient les seuls à pouvoir se constituer des fortunes ? Quelques questions peuvent se poser. Est-ce que l’argent a été honnêtement gagné, est-ce qu’il est le produit d’un talent, d’un savoir-faire, d’une compétence ? Le point clef, c’est l’usage de cet argent ; est-ce qu’il est bien utilisé ? Aux États-Unis, nombreux sont ceux qui se réjouissent que Bill Gates et quelques autres milliardaires financent des fondations qui investissent dans les domaines de la santé ou de la transition énergétique. Pour une fois, nous aurions tout à y gagner d’être un peu plus américains…

Pour conclure, je souhaiterais rendre hommage au Président Valéry Giscard d’Estaing pour lequel j’ai eu l’honneur de travailler et qui était un ardent défenseur de l’épargne. Ainsi, en 2000, il écrivait « L’épargne est orientée d’une manière telle que les Français possèdent une part trop faible de leurs entreprises. C’est le résultat d’une longue culture fiscale qui a frappé lourdement les détenteurs de capitaux considérés comme les membres d’une classe privilégiée et qui a pénalisé au lieu d’encourager la détention d’actions pendant une longue durée ».

Jean-Pierre Thomas

A lire dans le Mensuel n°80 de décembre 2020

Opinion | Valéry Giscard d’Estaing, le président du progrès

Valéry Giscard d’Estaing, mort à l’âge de 94 ans, fut un catalyseur de progrès tant par goût des sciences que mu par la conviction que l’avenir de la France passait par le maintien d’une forte compétitivité, écrit Philippe Crevel dans une tribune aux «Echos».

Unilever teste la semaine de 4 jours en pleine crise économique du Covid. Mais la multinationale saura-t-elle éviter les pièges des 35h à la française ?

Dans cet article consacré au test par Unilever de la semaine de 4 jours sans réduction de salaire en Nouvelle (avant une éventuelle généralisation à l’ensemble des salariés), Philippe Crevel souligne notamment qu’une « réduction du temps de travail avec maintien du salaire aboutit à une augmentation du coût du travail. En pleine crise économique, ce n’est certainement pas le meilleur moment pour prendre une telle mesure. Logiquement, la réduction du temps de travail accompagne des gains de productivité. Or, actuellement, ceux-ci sont nuls. La proposition d’Unilever intervient à contretemps. Pour une multinationale, le coût est évidemment plus supportable que pour des PME. L’objectif d’Unilever est de limiter les licenciements et d’améliorer son image ».

Record de cagnotte pour l’EuroMillions : et au fait, voilà ce que font les vrais riches quand ils ont 200 millions devant eux

Le Directeur du Cercle de l’Épargne a répondu aux questions suivantes d’Atlantico : « Que font les citoyens les plus aisés d’un tel montant ? Sont-ils aussi dispendieux que les gagnants de la la loterie ? Quels sont les placements privilégiés par nos concitoyens les plus riches ? ».

Philippe Crevel souligne notamment que « Comme les concitoyens moins fortunés, les plus riches placent une partie de leur richesse dans l’immobilier que ce soit sous forme de résidence principale, de résidences secondaires ou sous forme de logements de rapports. Ils investissent également dans des SCPI. Au niveau financier, ils sont assez présents sur le marché du non-coté complétant des portefeuilles actions. Ils peuvent prendre des participations dans des entreprises, des start-ups, etc. « 

Jackpot : Combien faut-il gagner aux jeux d’argent pour arrêter de travailler ?

Cet article rappelle que le Directeur du Cercle de l’Épargne estimait en 2016 pour Atlantico que la somme de 3 millions ne suffira pas forcément suffisante pour devenir rentier étant donné que selon Philippe Crevel: »il peut espérer en combinant sécurité et risques calculés générer un revenu tournant autour de 5000 euros sachant que dans les prochaines années, le rendement des fonds euros de l’assurance-vie baissera ce qui l’obligera à s’exposer davantage aux risques ».

L’argent de votre compte courant bientôt taxé par votre banque ?

Le Directeur du Cercle de l’Épargne est cité dans cet article de MoneyVox sur l’éventualité d’une généralisation de la taxation par les banques françaises des dépôts supérieurs à 50 000 euros. Philippe Crevel souligne que « Dans les faits, les banques pourraient appliquer des taux négatifs mais elles ont, pour le moment, préféré jouer sur la rémunération des services qu’elles offrent plutôt que le taux des dépôts pour maintenir leur rentabilité. La question pourrait se poser sur les dépôts les plus importants. Pour le moment, le caractère concurrentiel du marché bancaire limite les tentations ».

Pour la première fois de l’année, les Français ont pioché dans leur Livret A en octobre

Alors que la décollecte a atteint 1,01 milliard d’euros au mois d’octobre sur le Livret A et le LDDS, cet article rappelle que le Cercle de l’Épargne a souligné que « La décollecte du mois d’octobre 2020 reste faible au regard de celles constatées les années précédentes, traduisant de ce fait le maintien d’une forte épargne de précaution ».

Le Livret A revêt ses habits d’automne

« Octobre est le plus mauvais mois pour le Livret A », rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, dans un communiqué. « Pour retrouver, une collecte positive en octobre, il faut remonter à celui de 2012 (+ 7,35 milliards), collecte gargantuesque faisant suite au relèvement du plafond du Livret A. Octobre est logiquement un mois de dépenses avec notamment la fin de la rentrée scolaire et surtout le paiement des impôts locaux. L’année 2020, malgré la crise sanitaire et les restrictions de consommation qu’elle impose, n’échappe pas à la règle », ajoute-t-il.

Bourse : un an après, les actionnaires de la FDJ se frottent les mains

Le directeur du Cercle de l’Épargne est cité dans cet article qui revient sur le doublement de la valeur de l’action FDJ en un an. Cette forte hausse a permis à de nombreux épargnants d’obtenir des gains très importants.

Opinion | La revanche du travail

Avec la digitalisation, avec la robotisation, avec la mondialisation, nombreux sont ceux qui avancent l’idée de la fin du travail avec, par voie de conséquence, l’instauration d’un revenu universel. La crise, écrit l’économiste Philippe Crevel, pourrait sonner le glas de cette théorie et aboutir à la revalorisation du travail.

Quels regards sur la protection sociale à l’heure de la pandémie de Covid-19 ?

Cet article de Naimi Média évoque les deux études qui ont été réalisées pour AG2R LA MONDIALE, LE CERCLE DE L’ÉPARGNE et AMPHITÉA par l’Institut français d’opinion publique (Ifop), d’une part auprès des Français et d’autre part auprès des entreprises et des TNS, avec les éclairages respectifs de Jérôme Jaffré, Directeur du Centre d’études et de connaissances de l’opinion publique (Cecop), et d’Alain Mergier, consultant en sociologie.

Deux tiers des Français épargnent en cas de difficultés, pas pour consommer

Cet article du Fil Social mentionne les résultats de l’enquête réalisée en septembre 2020 par l’IFOP pour AG2R La Mondiale, Amphitéa et le Cercle de l’Épargne. L’article rappelle notamment que selon cette étude, 65 % des personnes interrogées épargent « pour faire face à d’éventuelles difficultés ».

Quelle protection sociale demain ? AG2R La Mondiale lance la réflexion

Cet article du Fil Social mentionne les résultats des sondages réalisés en septembre 2020 par l’IFOP pour AG2R La Mondiale, Amphitéa et le Cercle de l’Épargne.

Placements : les Français se désintéressent des actions en 2020

Cet article rappelle que « selon une enquête du Cercle de l’Épargne et d’Amphitéa, pendant le premier confinement au printemps 2020, près d’un quart des Français (22% exactement) ont épargné « plus que d’habitude ». Une courte minorité (4%) ont même épargné « beaucoup plus ». Fait intéressant : de toutes les catégories d’âge, ce sont les jeunes (18-24 ans) qui ont été les plus nombreux (39%) à avoir épargné plus que d’habitude. »

L’article évoque aussi le fait que « malgré l’envolée spectaculaire des actions entamée en mars 2020, et contrairement aux années précédentes, ce ne sont pas les actions qui ont attiré le plus d’épargne de nos concitoyens. Cette enquête du Cercle de l’Épargne et d’Amphitéa nous apprend que c’est l’investissement dans l’immobilier locatif qui a attiré le plus d’épargnants cette année (68%), devant l’indéboulonnable assurance-vie (52%). Les actions n’arrivent qu’en troisième position et recueillent les faveurs des 39% d’épargnants. »

Bourse, placements: la nouvelle stratégie des épargnants reconfinés

Dans cet article du Figaro consacré à la stratégie actuelle des épargnants, le directeur du Cercle de l’Épargne souligne que «La fin de l’année est habituellement un moment important pour les questions de défiscalisation».

Opinion | Pour une révolution de la formation

L’après-crise ne se gagnera qu’à travers une montée en gamme de notre économie et par une élévation des compétences des actifs. En la matière, une refonte du système de formation constitue la clef de voute du rebond pérenne de l’économie, refonte qui pourrait passer par un système assurantiel. (Par Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne)

Résultats études – Quels regards sur la protection sociale à l’heure de la pandémie de Covid-19 ?

Alors que la pandémie se poursuit, quelle est la vision des Français et des entreprises sur les questions relatives à la retraite et à sa réforme, sur leur épargne, sur les préoccupations liées à la dépendance ou encore sur les dispositifs en prévoyance-santé ? Comment réagissent les sociétés et les travailleurs non-salariés (TNS) face à l’imprévisibilité de l’avenir ?

Afin de répondre à ces interrogations, deux études ont été réalisées pour AG2R LA MONDIALE, LE CERCLE DE L’ÉPARGNE et AMPHITÉA par l’Institut français d’opinion publique (Ifop), d’une part auprès des Français et d’autre part auprès des entreprises et des TNS, avec les éclairages respectifs de Jérôme Jaffré, Directeur du Centre d’études et de connaissances de l’opinion publique (Cecop), et d’Alain Mergier, consultant en sociologie.

Ces deux enquêtes soulignent l’importance qu’accordent les Français à la protection sociale. Si cette crise sanitaire a accentué l’attention qu’ils portent à leur protection et celle de leur famille, au mieux-vivre ensemble et au bien-vieillir, elle a également montré que les entreprises sont déstabilisées par cette crise exceptionnelle qui s’installe dans le temps créant par la même des incertitudes grandissantes. Elles voient ainsi la protection sociale sous un angle nouveau et cherchent à lui accorder une place plus importante en particulier dans leurs politiques de ressources humaines. 

Principaux chiffres clés 

Grand public 
> Près des deux tiers des Français (65 %) estiment qu’il est opportun d’épargner pour faire face à d’éventuelles difficultés quand un tiers pensent utiliser leur épargne pour consommer.
> 41 % des sondés privilégient la liquidité en souhaitant que leur épargne soit mobilisable à tout moment. 
> 32 % des Français estiment que leur pension est ou sera suffisante pour vivre correctement.·       
> Face à la question de la dépendance des personnes très âgées, 70 % des sondés sont favorables à la mise en place d’une couverture complémentaire.  

Entreprises et TNS
> 6 entreprises ou TNS sur 10 ont une activité plus soumise aux aléas qu’avant du fait de la pandémie (95%), de l’instabilité règlementaire et sociale (82%) et de l’accélération des transformations du monde (64%).
> Le système de protection sociale est aussi un sujet d’attention majeur : système actuel des retraites complexe (83%), non pérenne (76%), absence de visibilité du futur système (75%) et plus globalement imprévisibilité du système de protection sociale liée à des paramètres instables (78%).
> Près de 6 individus sur 10 craignent de ne pas avoir une pension de retraite suffisante.      
> En conséquence, 41% des répondants accordent aujourd’hui plus d’importance qu’avant aux contrats de prévoyance. 

Face à la pandémie, les Français expriment de nouveaux besoins de protection sociale et patrimoniale 

Méthodologie de l’enquête menée pour AG2R LA MONDIALE, LE CERCLE DE L’ÉPARGNE et AMPHITÉA : l’enquête a été réalisée sur internet les 8 et 9 septembre 2020 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’Ifop.

À l’issue de la crise sanitaire de ce printemps, 22% des Français interrogés affirment avoir épargné « plus que d’habitude » et cette réponse atteint son maximum chez les 18-24 ans (39%). Toutefois, près de 20 % des répondants se perçoivent comme victimes économiques de cette pandémie en déclarant avoir dû épargner « moins que d’habitude ». Quelles ont été leurs motivations pour épargner durant cette période ? La principale raison évoquée est qu’ils n’avaient « pas envie de consommer » (38 % des réponses) suivie de près par la crainte de tomber malade (13 %) et de perdre son emploi (12 %). 

Concernant l’utilisation de leur épargne, les Français (41%) mettent en avant l’intention de la conserver afin qu’elle soit mobilisable à tout moment. Maintenir ou même augmenter son effort d’épargne arrive en deuxième position (35%) tandis qu’utiliser tout ou partie de son épargne pour faire des achats n’arrive qu’en troisième position (21%). Il est important de préciser que 40% des moins de 35 ans souhaitent maintenir voire augmenter leur effort d’épargne (contre 27 % en moyenne au sein de la population), signe que la crise du coronavirus est susceptible d’impacter fortement les stratégies financières des jeunes générations.

Le palmarès des placements les plus intéressants ne change pas depuis le début de la pandémie mais indique néanmoins une préférence accrue pour la liquidité. L’immobilier locatif continue de faire la course en tête : 61% des Français jugent ce placement intéressant (stable depuis février 2020), devançant comme en février l’assurance-vie (48% ; en baisse de 3 points) et le placement « actions » (37% ; en recul – 8 points, quand le Livret A en gagne 14). Les comptes courants sont jugés intéressants par 30 % des Français malgré l’absence de rémunération.  

La pandémie et ses conséquences économiques créent-elles des inquiétudes sur le fait et/ou la perspective de disposer à sa retraite d’une pension suffisante pour vivre correctement ? Près de 44% des retraités interrogés estiment disposer d’une pension de retraite suffisante pour vivre correctement alors que 72% des non retraités craignent le contraire. Plusieurs mois après le déclenchement de cette crise qui a mis en sommeil le projet de réforme des retraites, seuls 19 % des Français souhaitent que le texte soit repris pour être mis en œuvre en totalité tandis que 31% d’entre eux se déclarent favorables à un projet rectifié maintenant la mise en place du régime par points et écartant l’âge pivot à 64 ans. 

Dans le contexte actuel, la question de la dépendance des personnes âgées préoccupe 53% des Français. Ce taux atteint 70 % chez les plus de 70 ans contre 57 % des 60-69 ans et 48 % des moins de 60 ans. 70 % des personnes interrogées affirment être favorables à la mise en place d’un contrat dépendance qui devrait pouvoir être facultatif pour 53% d’entre eux.

Quand l’imprévisibilité de l’activité renforce l’importance de la protection individuelle des entreprises et des TNS

Méthodologie de l’étude conduite pour AG2R LA MONDIALE, LE CERCLE DE L’ÉPARGNE et AMPHITÉA : l’étude a été réalisée par téléphone du 15 septembre au 5 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 400 individus (100 TNS, 100 patrons TPE, 100 directeurs administratifs, directeurs financiers, DRH de PME, et 100 de ETI). Après redressement, selon les critères de taille, activité et région, l’échantillon d’ensemble est représentatif de la cible BtoB. Le terrain d’enquête a été confié à l’Ifop.

Aujourd’hui, 60% des entreprises et des TNS interrogés se déclarent plus inquiets qu’avant quant à l’imprévisibilité de l’avenir économique de leur activité professionnelle désormais exposée à trois familles de risques : 

  • La crise sanitaire actuelle et ses conséquences (95%) ;
  • L’instabilité réglementaire et sociale (82%) ;
  • L’accélération des transformations du monde (64%).

À cette vulnérabilité économique s’ajoute celle de la protection sociale. En effet, de manière générale, l’avenir du système de protection sociale apparait imprévisible car les paramètres changent trop souvent pour 78%des entreprises et des TNS. Par ailleurs, le régime de retraite actuel est perçu comme non pérenne par 76% et complexe par 83% des répondants, obstruant ainsi la lisibilité de leur pension de retraite tout en renforçant la nécessité de disposer d’une protection individuelle. À noter que si 71% des entreprises sont favorables à la mise en œuvre de la réforme des retraites, avec pour 40% une préférence pour l’abandon de l’âge pivot, près de 6 individus sur 10 craignent de ne pas avoir une pension de retraite suffisante. Si ce taux tend à s’accroître à mesure que diminue la taille de l’entreprise (58% pour les TNS contre 46% pour les ETI), les individus de 35-49 ans sont les plus inquiets (64%), suivis par les femmes (60%) et les jeunes de moins de 35 ans (59%). 

Afin de faire face à la complexité du système de retraite, les comportements diffèrent selon la taille de l’entreprise. Ainsi, les TNS ont un processus de délégation : 79% s’adressent à leur expert-comptable. Les dirigeants de très petites entreprises (TPE) se réfèrent aussi à leur comptable (43%) mais font par ailleurs des recherches sur Internet (40%). Les petites et moyennes entreprises (PME) et les ETI s’appuient sur l’expertise du directeur administratif, financier ou des ressources humaines pour faire des recherches sur Internet (56% des PME, 64% des ETI) et se référer aux textes officiels (57% des PME, 52% des ETI). Dans l’ensemble l’assureur est un interlocuteur privilégié pour 54% des TNS et des entreprises.

Face à ces inquiétudes, 41% des sondés attachent aujourd’hui plus d’importance aux contrats qui sécurisent leur avenir : prévoyance, dépendance et retraite supplémentaire. Ainsi, 93% des personnes interrogées déclarent posséder une complémentaire santé, 81% un contrat de prévoyance et 54% un contrat de retraite supplémentaire. La possession d’un contrat de retraite supplémentaire s’accroit pour les individus qui craignent que leur pension de retraite soit insuffisante (59%), qui sont très inquiets de la pérennité du système de retraite (61%) et pour les TNS (60%). 

En complément, 54% des entreprises et des TNS se disent favorables à la mise en place d’un contrat de dépendance, de préférence facultatif pour 43% d’entre eux. 

La prévoyance apparaît pour les entreprises comme un facteur différenciant de leurs politiques RH. En effet, pour attirer et conserver les meilleurs salariés, 83% des entreprises considèrent qu’une complémentaire santé offrant des remboursements santé élevés et des services correspondants aux attentes des collaborateurs est un argument important. De plus, selon 81% d’entre elles, un contrat de prévoyance permettant à leurs collaborateurs et leurs familles d’être bien protégés en cas de coup dur est un facteur déterminant tout comme le fait de proposer aux salariés un supplément de revenus à la retraite (69%). Sur ce dernier point, ils sont cependant 57% à considérer que les salariés préfèrent se constituer ce complément de revenus individuellement.

Face à l’imprévisibilité de leur activité à laquelle s’ajoute celle de la protection sociale, les entreprises et les TNS sont 81% à être rassurés par la pérennité de l’assureur, qui se conjugue pour 58% des répondants à la stabilité qu’apporte sa forme juridique de société de personnes (mutuelle).

À propos du CERCLE DE L’ÉPARGNE :

LE CERCLE DE L’ÉPARGNE est un think tank dédié à l’épargne, la retraite et à la prévoyance. LE CERCLE DE L’ÉPARGNE étudie les évolutions de la législation concernant l’épargne, la retraite et la prévoyance. Il analyse, les besoins et les attentes des Français en la matière.

Pour réaliser ses missions, LE CERCLE DE L’ÉPARGNE s’appuie sur l’expertise de son conseil scientifique constitué de membres reconnus pour leurs compétences dans les domaines économiques, sociologiques, démographiques. Les experts du Cercle travaillent, ensemble, sur les sujets de l’épargne et de la retraite. Le croisement des approches constitue la marque de fabrique du Cercle qui place au cœur de sa mission la pédagogie.

Les statuts reconnaissent l’indépendance du Conseil scientifique.

À propos d’AMPHITÉA :

Créée le 17 décembre 1974, AMPHITÉA est une association de Loi 1901 chargée du dialogue entre les sociétés membres d’AG2R LA MONDIALE et ses assurés. Au nom et au profit de ses Adhérents, AMPHITÉA est donc une association d’assurés, dont les objectifs sont de :

– négocier, souscrire et faire évoluer auprès de son partenaire assureur les meilleurs contrats de santé, prévoyance, épargne et retraite ;

– communiquer, former et informer sur toutes les thématiques liées à la protection sociale et la protection patrimoniale, auprès de ses Adhérents actuels et à venir ;

– développer entre ses membres un esprit de solidarité et d’entraide, fidèle aux valeurs mutualistes et paritaires de son partenaire assureur.

Avec près de 450 000 Adhérents, AMPHITÉA s’inscrit aujourd’hui parmi les plus grandes associations d’assurés de France. 

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Spécialiste de la protection sociale et patrimoniale en France, AG2R LA MONDIALE assure les particuliers, les entreprises et les branches, pour protéger la santé, sécuriser le patrimoine et les revenus, prémunir contre les accidents de la vie et préparer la retraite. Société de personnes à gouvernance paritaire et mutualiste, AG2R LA MONDIALE cultive un modèle de protection sociale unique qui conjugue étroitement rentabilité et solidarité, performance et engagement social. Le Groupe consacre chaque année plusieurs millions d’euros pour aider les personnes fragilisées et soutenir des initiatives individuelles et collectives.

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